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Catégorie : Actualité du C.I.D.I.F

Manmohan Singh, le Premier ministre qui doit relancer l’économie indienne


Pratibha Patil, la présidente de l'Union indienne, a nommé, mercredi, Manmohan Singh Premier ministre. Il doit prêter serment ce soir en présence des 19 ministres déjà nommés. La relance de l’économie est au cœur de son second mandat.

 

 

Manmohan Singh, 76 ans, a été choisi par le parti du Congrès pour entamer un nouveau mandat de 5 ans. Après avoir été nommé, mercredi, par Pratibha Patil, la présidente de l'Union indienne, il doit prêter serment ce soir entouré des 19 ministres déjà choisis pour participer à son gouvernement, comme on peut le lire dans l'Hindustan Times.

Cela faisait longtemps qu'un parti politique indien n'avait pas gagné aussi nettement des élections. Le Congrès et ses alliés ont remporté 261 des 272 sièges nécessaires pour revendiquer une majorité. Cette victoire massive du parti historique de l'indépendance de l'Inde devrait donner à Manmohan Singh et son gouvernement davantage de marge de manœuvre.

Dans le précédent gouvernement, le Congrès était prisonnier de son alliance avec de nombreux partis, en particulier le parti communiste qui a systématiquement freiné les réformes en particulier l'ouverture du secteur financier aux investisseurs étrangers. Cette fois, le Congrès n'a pas besoin de s'allier avec trop de petits partis pour gouverner.

Lundi, la Bourse de Bombay a réagi avec euphorie aux résultats des élections. Et le monde des affaires s'est dit rassuré de ne pas voir arriver au pouvoir un gouvernement fragile et instable constitué de partis hétéroclites. Sachant que la situation économique du pays est difficile, un gouvernement trop faible aurait eu dû mal à s'attaquer à la relance de la croissance qui flirte actuellement avec les 6% contre 9% il y a un an. Car la relance de l'économie est bien le principal défi qui attend Manmohan Singh et son gouvernement.

Economiste de formation, le sikh Manmohan Singh est déjà le père des réformes qui ont libéralisé l'économie indienne depuis 1991. Sa plus grande marge de manœuvre devrait lui permettre d'engager des réformes pour ouvrir encore plus le marché indien afin de booster la croissance et lutter contre la pauvreté. Il devrait soutenir les exportations, libéraliser le marché pour favoriser l'investissement étranger, accélérer le développement industriel. Manmohan Singh a déjà promis qu'il allait créer des emplois. Le gouvernement va devoir aussi entreprendre de grands travaux car l'Inde souffre toujours de son énorme retard en terme d'infrastructure (routes, approvisionnement en eau et en électricité…).

Comme l'écrit Mira Kamdar, chercheuse au World Policy Institute de New York dans Le Monde diplomatique : "Les menottes sont donc enlevées. L'opposition indienne est en miettes, la gauche aussi bien que la droite écrasées. Rien n'empêche plus le Congrès de procéder comme bon lui semble pour réaliser sa vision particulière d'une Inde moderne, riche et puissante. Y arrivera-t-il pour autant ? Telle est maintenant la question".

 

Juliette Tissot, Aujourd'hui l'Inde, le 22 mai 2009