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Catégorie : Actualité du C.I.D.I.F

Une année au lycée français de Pondichéry


Le lycée français de Pondichéry a la particularité d’accueillir une majorité de jeunes Franco-pondicheriens désireux de découvrir la culture et la langue française. Natacha, une Française de 14 ans, vient d’y terminer son année de 3e. Elle nous raconte la vie au sein de ce lycée atypique.

 

 

Je viens de passer une année au lycée français de Pondichéry. La première chose qui m'a frappé lorsque je suis arrivée, c'est la beauté et l'originalité de l'établissement qui se trouve au cœur de la Ville Blanche, l'ancien quartier français. Le lycée n'a pas beaucoup changé depuis sa construction, en 1826 : le bâtiment a conservé le style colonial de l'époque, et il en va de même pour les salles…

"Au début, Je trouvais que c'était un peu vieux", déclare S., au lycée depuis 2 ans. Car contrairement aux écoles en France, le matériel ne peut pas être renouvelé très souvent, le lycée n'ayant sûrement pas les mêmes moyens que certains établissements, aussi bien publics que privés. Mais, en fin de compte, cela n'a pas de répercussions sur le travail et, d'après S. "on travaille mieux ici qu'en France".

Cette efficacité est surtout due à l'ambiance en classe, qui est bien meilleure, mais aussi grâce à la solidarité entre les élèves. Nous nous entraidons, parce que certains, qui n'ont parfois jamais vécu en France, peuvent avoir des difficultés à suivre dans certaines matières, en partie en raison du problème de maîtrise de la langue française, mais également à cause de la culture. En effet, certains connaissent parfaitement la culture indienne, mais ne sont pas totalement habitués à la culture française, tandis que d'autres n'ont peut être aucune difficulté en français, mais peuvent avoir besoin d'aide dans d'autre matières, comme les langues vivantes.

Malheureusement, il arrive parfois que ces différences créent une certaine division. Les élèves discutent dans leur langue maternelle, ce qui fait que Franco-pondicheriens et Français n'ont pas forcément l'occasion de communiquer entre eux en dehors des heures de classe. De plus, les divergences culturelles peuvent être troublantes. Il est parfois difficile de s'entendre sur certains sujets, comme le rôle de chacun dans la société ou dans la famille. Par exemple, les droits de la femme ne sont pas forcément définis de façon identique selon les cultures et le milieu de vie, bien que les mentalités aient tout de même grandement évolué.

Mais le lycée reste néanmoins très ouvert, car l'on n'est pas jugé sur des critères d'apparence ou d'origine. Et les différences n'ont d'ailleurs pas toujours un impact négatif : elles favorisent une grande ouverture d'esprit, mais surtout la découverte réelle de ce qu'est la vie quotidienne en Inde par des personnes qui en sont les acteurs. Car, même si l'on est dans la même ville, les coutumes changent selon les origines de la famille, et il toujours intéressant de les découvrir. Et pour permettre à ceux qui ne sont pas d'origine indienne de mieux comprendre les fêtes ou les manifestations religieuses qui ont lieu à Pondichéry, les élèves de l'option tamoule font régulièrement des animations présentant les traditions du Tamil-Nadu.

Toutes ces activités rendent cet établissement vraiment vivant. La diversité comme l'originalité du Lycée Français de Pondichéry en font une école vraiment à part où l'on est heureux de se rendre le matin… ou presque !
 
Natacha Rollinde, Aujourd'hui l'Inde, le 23 mai 2009