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Inde : plébiscite pour Singh le modeste

Reuters

Le Premier ministre Manmohan Singh. : Reuters
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Il restera Premier ministre après l'ample victoire du Congrès.Puis s'effacera au profit de Rahul Gandhi...

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Quelle revanche ! Depuis des mois, Manmohan Singh, 76 ans et un coeur très fragile, encaissait sans broncher les attaques. Celles des nationalistes, ses adversaires, et des communistes, ses ex-alliés. Trop mou face au Pakistan après les attentats de Bombay. Trop timoré dans une crise qui a coupé en deux la croissance. Trop prompt au rapprochement avec les États-Unis et la Chine...

Eh bien, les électeurs indiens lui ont donné raison sur toute la ligne. Le Parti du Congrès (centre gauche) a remporté, samedi, une victoire comme il n'en avait plus connu depuis 1991, frôlant la majorité absolue. Manmohan Singh s'en est délecté dans son style inimitable, large sourire et grande retenue : « Les Indiens ont parlé avec une grande clarté. »

L'artisan du miracle économique

Celui qui était devenu, en 2004, lepremier sikh à gouverner l'Inde, n'aura plus à composer avec des alliés indociles. Ce qui lui vaut ce plébiscite ? La conduite de l'économie. Les Indiens n'ont pas perdu de vue qu'avant le coup de frein imposé par la crise, Singh a été l'artisan du miracle économique, qui a hissé le pays au rang de 10e économie mondiale. L'ancien professeur d'économie, appelé au ministère des Finances en plein naufrage, en 1991, a modernisé sans céder aux sirènes libérales de la thérapie de choc. Il a préservé les filets de sécurité sociale et les campagnes lui en savent gré.

Sa grande popularité, Manmohan Singh la doit aussi à une probité au-dessus de tout soupçon, qui tranche dans un océan de corruption. Mais, paradoxalement, il rechigne à se présenter devant les électeurs. Sa seule expérience, en 1999, fut un fiasco.

Depuis, il préfère se faire élire, indirectement, au Sénat. Son triomphe de samedi, il le doit largement à Rahul Gandhi, 38 ans, l'héritier de la dynastie, qui a su mobiliser les jeunes à coups de SMS. Il va l'appeler au gouvernement avant, probablement, de lui confier les rênes, en 2011.

Bruno RIPOCHE, Ouest-France, 18 mai 2009