Blue Flower

Le Parti du Congrès et ses alliés remportent les élections indiennes

La coalition menée par le parti du Congres a remporté haut-la-main les quinzièmes élections legislatives indiennes, samedi. D'après les résultats préliminaires, elle devrait remporter plus de 250 sièges parlementaires sur 543 contre un peu plus de 150 pour l’opposition.

 

 

La United Progressive Alliance (UPA) menée par le parti du Congrès sera au pouvoir pendant encore cinq ans à New Delhi, après une large victoire électorale sur l'opposition de la National Democratic Allicance (NDA), la coalition dirigée par le Bharatiya janata Party (BJP).

Des centaines de supporters du Congrès ont célébré la victoire de leur parti en dansant au rythme de tambours devant le Quartier Général du parti dans le centre de la capitale indienne, samedi après midi, en chantant des slogans à la gloire de sa présidente Sonia Gandhi, de son fils et Secretaire général du Congrès Rahul Gandhi et du Premier ministre sortant Manmohan Singh.

"Je voudrais faire part de ma profonde gratitude aux gens de ce pays pour le mandat massif qu'ils ont donné à [notre coalition]", a déclaré ce dernier dans un discours à New Delhi. Il devient ainsi le deuxième chef du gouvernement indien après Jawaharlal Nehru à être reconduit dans ses fonctions après avoir achevé un mandat complet. "Le peuple veut un gouvernement stable, un Premier ministre qui oeuvre pour le pays", a affirmé de son côté un porte-parole du Congrès interrogé par la chaîne CNN-IBN à New Delhi.

Si les résultats définitifs ne sont pas encore tombés, la UPA devrait remporter quelque 250 sièges sur 543 au total. Un score qui dépasse toutes les éspérances du parti du Congrès et les projections des analystes politiques, qui tablaient sur un peu plus de 200 sièges pour le Congrès et ses alliés. Le parti de Sonia Gandhi a enregistré des scores exceptionnels à Delhi, où il a remporté les sept sièges de l'Etat, ainsi que dans l'Haryana, au Punjab, au Maharashtra et dans l'Uttarkhand. Le Congrès a également créé la surprise dans l'Etat clé d'Uttar Pradesh et serait en position de remporter plus de vingt sièges (sur 80 au total), selon le Times of India.

Autre surprise de ces élections, Le Congrès s'est montré étonnamment performant dans les Etats du Kerala et du Bengale Occidental, traditionnellement acquis aux communistes. A la tête du Troisième Front (une coalition alternative à la UPA et la NDA), ces derniers subissent un revers historique, qui fait le jeu du parti vainqueur: "Nous n'avon pas besoin de la Gauche pour former le nouveau gouvernement", a déclaré le Secretaire général du Congrès Prithviraj Chavan, ajoutant que les scores réalisés par la UPA étaient "au-delà des attentes et de l'imagination" du parti.

Le grand perdant de ces élections reste évidemment le BJP, qui a réalisé des scores décevants dans plusieurs Etats. Le parti nationaliste hindou à la tête de l'opposition a cependant enregistré comme prévu des scores honorables au Karnataka, au Madhya Pradesh et au Gujarat. "Nous avons fait de belles performances dans certains Etats, mais en-dessous de nos éspérances dans d'autres", a résumé un porte-parole du parti, qualifiant la défaite du BJP d'"échec collectif". Un haut responsable du parti a une autre explication pour la défaite du BJP: "mettre en avant Narendra Modi en milieu de campagne a été une erreur sérieuse", a déclaré Chandan Mitra au Times of India, en référence au controversé Premier ministre du Gujarat, projeté comme le candidat du parti pour les prochaines élections.

Claque sévère pour le BJP, les résultats de ces élections marquent surtout un retour en force du Congrès, qui réalise un score inespéré malgré le retrait de plusieurs de ses alliés, lesquels ont quitté la UPA à la veille des élections. Avec seulement une vingtaine de sièges manquant pour obtenir une majorité absolue au Parlement (272 sièges sur 543), le parti sortant et ses alliés sont donc en bonne position pour former le nouveau gouvernement. Et cela sans le ralliement de nombreux partis externes à la coalition, parfois encombrants, comme ce fut le cas lors des dernières élections en 2004.

 

Antoine Corta, Aujourd'hui l'Inde, le 16 mai 2009