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 L'Inde encourt la dégradation de sa note de crédit
 

 

L'Inde risque de vivre les affres d'un déclassement de sa cote de solvabilité. Standard & Poor's a réagi au budget provisoire présenté en février, un budget qui dépeint une situation financière délicate, en mettant un avertissement sur le pays. Il pourrait être exclu de la catégorie investissement. Au milieu d'une crise financière mondiale, c'est une très mauvaise nouvelle 

Si les marchés mondiaux étaient plus stables, une mauvaise notation financière ne serait pas aussi préjudiciable. L'Inde finance habituellement son déficit budgétaire sur le marché domestique. Les exportations comptent pour moins d'un tiers dans son PIB, qui s'élève à 1 200 milliards de dollars (950 milliards d'euros), et ses réserves en devises se montent à 250 milliards de dollars. La dégradation de la cote nationale rendrait l'emprunt plus onéreux pour les entreprises indiennes, qui ne sont en général pas mieux notées que leur pays, mais le total des emprunts qu'elles ont contractés vis-à-vis de l'étranger atteint seulement 1,3 milliard de dollars.

 

DÉFICIT BUDGÉTAIRE

Pourtant, ces dernières années, la croissance indienne a été en grande partie financée par des investisseurs étrangers, lesquels ont investi généreusement dans les pays du groupe " BRIC " (Brésil, Russie, Inde, Chine). L'Inde a reçu 25 milliards de dollars en 2008, ce qui a contribué à financer le déficit courant du pays (3 % du PIB) et permis à la croissance nationale d'atteindre 9 %. Les investisseurs se replient vers des zones plus sûres. Les investissements étrangers en Inde ont déjà chuté des deux tiers, et le PIB n'a augmenté que de 5,3 % au cours du dernier trimestre. Si l'Inde devenait le premier pays du groupe BRIC à être déclassé en catégorie spéculative, les défections pourraient encore s'accentuer. Certains L'Inde risque de vivre les affres d'un déclassement de sa cote de solvabilité. Standard & Poor's a réagi au budget provisoire présenté en février, un budget qui dépeint une situation financière délicate, en mettant un avertissement sur le pays. Il pourrait être exclu de la catégorie investissement. Au milieu d'une crise financière mondiale, c'est une très mauvaise nouvelle.

fonds ne sont autorisés à investir que dans les pays classés dans la catégorie investissement. D'autres pourraient rayer l'Inde de leur liste.

La moindre détérioration des finances publiques indiennes est susceptible de faire basculer le pays. Le déficit budgétaire indien a explosé, passant de 2,5 % à 6 % du PIB en 2008. Il atteint même 10 % du PIB si l'on inclut le déficit des Etats. Ce chiffre pourrait grossir dans les mois qui viennent, sous l'effet des mesures de relance supplémentaires que le prochain gouvernement mettra en oeuvre en juin, quelle que soit sa couleur politique.

Les figures politiques indiennes, qui donnent de plus en plus dans le populisme, devraient s'inquiéter de la cote financière du pays. On n'imagine mal qu'il soit possible de remporter les élections sans promettre un plan de relance coûteux. L'idée de la privatisation passe mal politiquement, d'autant que les marchés ne sont pas dans de bonnes dispositions. L'Etat devra donc se tourner vers l'étranger pour financer des déficits budgétaires de plus en plus élevés. Le classement en catégorie spéculative rendrait l'emprunt ruineux.

 

 

Una Galani, Le Monde, 12 mars 2009, (Traduction de Christine Lahuec)