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Le milliardaire indien Vijay Mallya remporte"l'enchère Gandhi"

 

Suite et fin de la vente aux enchères controversée des possessions du Mahatma. Les objets rentreront finalement en Inde après leur rachat par l’homme d’affaires indien Vijay Mallya . Tout est bien qui fin bien dans cette affaire aux nombreux rebondissements qui a relancé le débat sur l’héritage de Gandhi.

 


1,8 million de dollars (environ 1, 43 millions d'euros). C'est la somme astronomique à laquelle se sont vendus, hier, les objets ayant appartenus à Gandhi. L'acheteur, Vijay Mallya, est milliardaire mais il est surtout indien et ses acquisitions devraient à présent retourner dans son pays, vraisemblablement dans un musée. Un dénouement heureux à la polémique qui entoure, depuis une semaine, la vente aux enchères des reliques du père de la nation indienne.

Des actions en justice contre Antiquorum Auctioneers, l'étude de commissaires-priseurs organisatrice, aux négociations avec le vendeur en passant par l'étude testament de Gandhi, le gouvernement indien avait en effet tout mis en œuvre pour annuler la vente aux enchères. En vain. Le 5 mars, le lot numéro 364, regroupant les objets de Gandhi, est mis vente, comme prévu, à New York,.

Les tractations avec le propriétaire, James Otis, avaient pourtant fini par porter leurs fruits. Pour l'Inde il n'était pas question d'accepter les conditions posées par le documentariste californien, détenteur des objets, pour les lui céder. Mais devant la controverse et les pressions, ce dernier décide finalement de retirer les reliques, à quelques heures de la vente.

Le gouvernement indien pense alors avoir obtenu gain de cause, mais, nouveau coup de theatre, Antiquorum Auctioneers, rejette la décision de James Otis alors que plusieurs acheteurs sont deja inscrits pour participer a la vente. Ce n'est donc ni le gouvernement indien, ni le propriétaire des objets mais l'organisateur de la vente qui a le dernier mot.

Les enchères peuvent commencer. En quelques instants, dans la salle de vente, on passe des 20 000 dollars initiaux à 300 000 dollars. Au bout de trois minutes, la barre du million est franchie. Elles atteindront finalement 1,8 millions de dollars (environ 1, 43 millions d'euros), soit quatre-vingt dix fois le prix de départ !

Les efforts désespérés du gouvernement indien ces derniers jours et la proportion internationale qu'a pris la polémique ont sans nul doute joué un rôle prédominant dans cette flambée des enchères. "Ils ont mis une vraie pagaille", estimait l'hôtelier indo-américain Sant Singh Chatwal juste avant la vente, selon la BBC"Il a eu un gros battage médiatique. Le prix de réserve était de 20 000 à 30 000 dollars. J'ai ensuite reçu un appel [des organisateurs] me disant qu'il avait dépasse les 250 000 dollars. Avant il y avait une chance de marchander" raconte t-il, dépite.

Pour parer à toute éventualité, les acheteurs potentiels, indiens et indo-américains, s'étaient entendus avant la vente pour ne pas enchérir si l'un d'entre eux paraissait susceptible de l'emporter. C'est donc sans surprise à un Indien qu'est revenu le lot.

Vijay Mallya, PDG du United Breweries Group ainsi que la compagnie aérienne Kingfisher Airlines, est l'heureux acquéreur. Il ne faisait étonnamment pas partie de ceux pressentis, son nom n'apparaissant même qu'après la vente des objets. Septième fortune d'Inde et homme d'affaires connu pour ses goûts de luxe, Vijay Mallya avait déjà, en 2004, racheté aux enchères de nombreux biens du sultan indien Tipu.

Comme le déclare son représentant à la vente, Toni Bedi, cette acquisition faite "pour le pays" vaut tout à fait les 1,8 millions de dollars dépensés "et bien plus encore". Les reliques devraient donc revenir en Inde et être offertes a un musée. Le gouvernement assure maintenant avoir orchestré l'achat des objets, declarant avoir eu recours au milliardaire indien afin de rappatrier les objets, selon le Times of India.

Vijay Mallya devra cependant attendre avant de prendre reellement possession des objets. Ceux-ci seront en effet conservés pendant encore deux semaines par l'étude de commissaires-priseurs, au vu des actions judiciaires en cours, dont celle intentée par la Haute Cour de Delhi contre la vente aux enchères.
 

Amanda Winguis , Aujourd'hui l'Inde, le 6 mars 2009