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L'Inde et l'Afrique pour un partenariat renforcé

Un sommet inédit réunissant l'Inde et 14 pays africains s'est déroulé du 4 au 9 avril à New Delhi. Cette réunion avait pour thème "le développement industriel de l’Afrique". Un objectif que l'Inde et l'Afrique comptent atteindre en développant des partenariats privilégiés dans de nombreux domaines.


Un sommet inédit entre l'Inde et l'Afrique pour renforcer les liens entre les deux continents

Le premier sommet entre l'Inde et l'Afrique a été organisé à New Delhi du 4 au 9 avril. Cette réunion rassemblait les chefs d'Etat et ministres des Affaires étrangères de 14 pays africains, le vice ministre indien des Affaires étrangères Sri Anand Sharma ainsi que les représentants d'associations économiques régionales africaines tels que le Marché commun d'Afrique orientale et australe (COMESA), l'Union africaine, le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) et de nombreux hommes d'affaire des deux pays.

Les discussions ont tourné autour de différents domaines comme l'agriculture, la santé, la technologie ou l'éducation, l'Inde et l'Afrique ayant comme leitmotiv de renforcer leurs partenariats. Les liens entre les deux continents ne sont pas nouveaux : depuis 1990, le commerce bilatéral entre l'Inde et l'Afrique a considérablement augmenté, passant de 967 millions de dollars à 25 milliards de dollars en 2006-2007 (1). Mais le continent africain et la plus grande démocratie du monde ne comptent pas s'arrêter là.

"Nous voulons établir un partenariat sincère, complet et dynamique. Nous défendons une vision égalitaire des échanges qui implique un transfert de technologie", explique le vice ministre Anand Sharma sur le site de son ministère. Les pays africains souhaitent ainsi réduire leur dépendance économique à l'égard des anciennes puissances coloniales et des institutions internationales. Anand Sharma ajoute : "L'Inde n'a jamais occupé quelconque pays africain. Elle s'est au contraire mise aux côtés des peuples en lutte pour leur libération et leur indépendance.". Derrière ces beaux discours, l'Inde compte clairement renforcer sa présence sur le territoire africain pour concurrencer la Chine, déjà très présente sur le continent. Le pays veut également avoir plus facilement accès aux richesses naturelles africaines. En retour, les dirigeants africains attendent une aide du gouvernement indien pour améliorer leurs infrastructures.

L'Inde compte donc investir 500 millions de dollars en Afrique sous forme de bourses attribuées à des secteurs comme les transports ferroviaires, la télécommunication et le développement des infrastructures. En échange, le pays a insisté sur certains partenariats stratégiques, dans les secteurs de l'hydrocarbure et du diamant par exemple. L'Inde polit en moyenne onze diamants sur douze vendus dans le monde. Des pays comme l'Angola, le Congo ou le Botswana et la Namibie détiennent, eux, 90% des stocks de diamants. Des partenariats ont donc été amorcés avec l'Angola et la Namibie pour faciliter la vente de diamants à l'Inde. En Angola, Endiama -la plus grande entreprise d'extraction de diamants- s'est engagée à fournir des diamants à l'Inde sans passer par des intermédiaires. En échange, l'Inde a promis qu'elle allait créer sur place un institut de formation à la fabrication de bijoux et de diamants. Un partenariat similaire a été mis en place en Namibie.

L'Inde s'est également engagée à abaisser ses taxes sur les produits exportés par les pays les moins développés, sans préciser lesquels. Enfin, le pays a promis d'accorder 5,4 millions de dollars de prêts aux associations régionales africaines dans les cinq années à venir.

Ce sommet a donc été l'occasion de faire de belles promesses. Les représentants des 14 pays africains se sont dits satisfaits tout en précisant qu'ils attendaient de voir les résultats sur le terrain.

(1) Ces données proviennent des rapports publiés par Focus Africa, un programme lancé par le gouvernement indien en 2002. Son objectif était de mettre en valeur le commerce entre l'Afrique et l'Inde, en identifiant les zones de commerce et d'investissements bilatéraux. Sa zone géographique était l'Afrique subsaharienne.



Nina Casal AUJOURD’HUI L’INDE le 9/4/2008