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Arundhati roy stigmatise l’attaque du pub de Mangalore et la considère comme une guerre de classe contre le corps de femmes.

"Ils veulent nous empêcher de respirer. Nous avons besoin de réclamer de l’air“.

 

New Delhi : un mois après l’incident  du pub de Mangalore dont on a beaucoup parlé et où les activistes du Sri Ram Sene ont humilié des femmes, les étudiants de l’université de Delhi et les professeurs se sont réunis sur le campus Nord vendredi pour  s’élever contre le contrôle moral.

Rejoints par l’éminent écrivain, Arunthati Roy, ils se sont réunis pour célébrer la liberté d’expression et les droits des femmes, un événement organisé par les associations « All India Students » et « All India ProgressiveWomen ».

Des étudiants et des professeurs ont lu des passages sur le thème de la liberté d’expression et des droits des femmes à partir d’œuvres de personnalités éminentes comme le Tamoul iconoclaste et réformateur social Periyar E.V. Ramassamy,   le scientifique social Friedrich Engels, l’écrivain canadien Margaret  Margaret Atwood, les poètes pakistanais Faiz  Ahmed Faiz et Habib Jalib, la poétesse du Karnataka (langue canadan), saint Akka Mahadevi et de nombreux écrivains homosexuels.

Un des professeurs a lu à haute voix un poème d’une élève de Mangalore qui s’est suicidée la semaine dernière et un autre sur la protestation des femmes de Manipuri après l’enlèvement et l’assassinat de Thangjam Manorama par du personnel Riffles en Assam.

Aroundhati Roy a lu à haute voix un extrait de son livre qui avait eu le Booker Prize ‘Le dieu des petits riens ».

S’adressant à l’auditoire, elle a dit : « quand vous définissez l’amour, vous le limitez. Pour moi, l’amour est quelque chose pour lequel je me bats. Je soutiens toutes les sortes d’amour ». Faisant allusion à l’incident du pub de Mangalore, elle a dit qu’il semblait y avoir une guerre de classe sur les corps des femmes.

« Nous avons vu en Afghanistan, en Iran et dans certaines parties du Pakistan combien il est facile d’enfermer les femmes… Je me suis sauvée de la maison à 16 ans non pas parce que je souffrais. Mais pour moi, l’idée de grandir dans un petit village était intolérable. Je me suis enfuie pour être capable d’être heureuse, d’être libre… Ils veulent nous empêcher de respirer. Nous avons besoin de réclamer de l’air. Nous avons besoin de le faire chaque jour. Il est important de relever le défi et de célébrer chaque jour la lutte pour la liberté et la démocratie…

Rajendra Yadav, qui édite le mensuel littéraire Hans, demandait pourquoi la charge entière de maintenir la culture et les traditions était sur les femmes et non sur les hommes. « Est-ce que la culture indienne nous apprend à culpabiliser les femmes et à les limiter à la maison ? Sommes-nous en train de singer les Talibans ? Qui décide ce qui est occidentalisé ou ce qui ne l’est pas ? De ce qui vient de l’Occident, ils (la brigade safran) ramassent commodément  tout ce qui les arrange et veulent rejeter le reste. Ce n’est pas l’occidentalisation mais la globalisation »

Rameshwar Rai du Collège Hindu a parlé de l’amour comme une sorte de rébellion depuis les temps immémoriaux, en citant la poétesse Mirabai.

«  Nous saisissons cet événement parce que nous voulons dire à chaque femme, à chaque homme : s’il vous plait, refusez d’être humiliés, prenez de la force dans une protestation collective et résistez aux fascistes. Nous ne permettrons pas à une police de moralité de dicter notre morale » a dit la secrétaire nationale de l’AIPWA, Kavita Krishnan.

Un petit groupe sous le nom de « Youth Unity for Vibrant action » (YUVA) a essayé d’interrompre  la réunion en criant des slogans contre les organisateurs et Mme Roy.

« Nous sommes contre ce que Sri Ram Sene a fait à Mangalore, mais nous sommes aussi contre la « Pink underwear campaign ». Ce n’est pas une manière digne de présenter votre protestation » a dit Varun Sharma, un activiste du groupe formé récemment.

Parul Sharma, Le Hindu, 14 février 2009                              (Trad. JLB)