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500 000 nouveaux chômeurs indiens en trois mois

 


Il y a quelques mois encore, le gouvernement indien clamait que la crise économique n’ébranlerait pas l’Inde. Aujourd’hui, une étude menée par le ministère du Travail et de l’Emploi révèle la perte de 500 000 emplois en trois mois. Le chiffre ne fait que confirmer les précédentes estimations des différents secteurs touchés.

 

Il n'est plus possible de se leurrer. Une perte de 500 000 emplois entre octobre et décembre ne peut pas passer inaperçue. Les résultats de l'étude du ministère du Travail et de l'Emploi mettent le doigt sur la crise que traverse actuellement l'emploi dans le pays.

L'enquête ne compte que des secteurs majeurs tels que le textile, la sidérurgie et ses dérivés, l'automobile, le bâtiment, la joaillerie, les transports, les industries minières ou encore les hautes technologies. Parmi eux, certains se portent plus mal que d'autres. Ainsi les secteurs de l'high tech et du bâtiment ont connu une très légère augmentation de leurs embauches, de 0,33%, tandis que la joaillerie déplore une baisse d'emploi de 11,9%, suivie par l'automobile et les transports avec une perte de plus de 4%.

500 000 emplois perdus. Et ce n'est pas l'estimation la plus alarmante. "Les pertes d'emploi sont considérables et pourraient être de l'ordre de 700 000 à un million"estimait fin janvier G.K. Phillai, numéro deux du ministère du Commerce, à propos des emplois liés à l'exportation seule. Pour ce dernier, il est même fort probable qu'aucun rétablissement ne soit possible avant juin.

A la fin du mois dernier également, le site SiliconIndia notait une perte de 80 000 emplois pendant la seule journée du lundi 26 janvier. Une vraie chute libre.

Bien qu'il ait nié quelques temps l'impact de la crise dans le sous-continent, le gouvernement n'en a pas moins enchaîné les mesures pour soutenir l'économie indienne. Malheureusement, elles se sont avérées être moins de véritables aides que des béquilles dans l'attente d'une amélioration dans l'économie mondiale. Devant cette crise de l'emploi, il est probable que la popularité du Premier ministre ne sorte pas indemne lors des élections générales, qui auront lieu au printemps.
 
Amanda Winguis, Aujourd'hui l'Inde, le 8 février 2009