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 4 février 2009

 

AFP - Le groupe français Areva a annoncé mercredi la signature d'un protocole d'accord pour livrer deux à six réacteurs EPR à l'Inde, l'un des marchés les plus alléchants pour l'industrie nucléaire mondiale.

"Areva et Nuclear Power Corporation of India Limited (NPCIL) ont conclu aujourd'hui (mercredi, NDLR) à New Delhi un protocole d'accord (...) portant sur l'implantation de deux à six réacteurs EPR", selon un communiqué commun diffusé à Paris et à New Delhi.

"Sur ces six réacteurs, deux devraient faire l'objet d'un contrat dans l'année", a déclaré à l'AFP à New Delhi, Anne Lauvergeon, présidente du directoire du groupe nucléaire.

"L'Inde est un partenaire et un client de premier ordre", a-t-elle ajouté lors d'une conférence de presse, en présence de la secrétaire d'Etat française au Commerce extérieur, Anne-Marie Idrac et de ministres indiens.

Le protocole prévoit aussi "la fourniture de combustible pendant toute la durée de vie de ces réacteurs", soit 60 ans, selon Mme Lauvergeon.

Ils seraient construits à Jaïtapur dans l'Etat du Maharashtra (ouest).

"Nous fondons de grands espoirs sur l'EPR. Jaïtapur est un premier pas. Nous sommes pleinement engagés à nous doter de 20.000 mégawatts au minimum d'ici à 2020 et nous pourrions être plus proches de 30.000 MW", a déclaré le ministre indien adjoint à l'Energie, Jairam Ramesh.

Les Indiens et les Français ont bien précisé qu'il s'agissait d'un protocole d'accord "qui ouvrait la voie à des discussions techniques et financières" pour un éventuel contrat commercial en bonne et due forme.

Le coût d'un EPR étant évalué entre 4 et 6 milliards d'euros, les montants en négociation devraient atteindre au moins 10 milliards d'euros.

Cet accord intervient alors que l'Inde est autorisée depuis l'été dernier à reprendre ses échanges dans le nucléaire civil, après un embargo de 34 ans imposé à la suite de ses essais nucléaires de 1974.

Dès septembre, Paris avait signé avec New Delhi un accord politique de coopération dans le nucléaire civil.

L'Inde compte actuellement 17 réacteurs nucléaires en activité, qui fournissent environ 2,5% de l'électricité du pays, selon le Commissariat à l'Energie Atomique (CEA).

La 10e puissance économique mondiale, qui importe 70% de ses besoins en pétrole, veut 60.000 mégawatts supplémentaires d'énergie nucléaire d'ici à 2030, soit 100 milliards d'euros d'investissements, dont 20 milliards de contrats potentiels pour les groupes français.

C'est donc un marché colossal qui s'ouvre à Areva pour exporter son produit phare, le réacteur de troisième génération EPR. Le groupe français conforte ainsi ses positions face aux grands concurrents de l'EPR: l'AP1000 de l'américain Westinghouse (groupe Toshiba) et le réacteur à eau bouillante ABWR développé par l'américain General Electric et le japonais Hitachi.

Un EPR est en cours de construction en Finlande où le chantier a pris plus de trois ans de retard et un autre en France à Flamanville. Un deuxième EPR devrait être construit en France à partir de 2012.

Areva a en outre remporté un contrat de fourniture de deux EPR à la Chine (Taishan 1 et 2) en novembre 2007 pour un montant total de 8 milliards d'euros, combustible et services compris.