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Une nouvelle coalition à la tête du Cachemire indien

L’Inde vient d’adouber son plus jeune Premier ministre d’État. Omar Abdullah, 38 ans, a été élu à la tête de Jammu-et-Cachemire après une alliance avec le parti du Congrès. Il est le troisième de sa famille à occuper ce poste.

 

Malgré l'appel au boycott lancé par les séparatistes, plus de 60 % des Cachemiris se sont rendus aux urnes pour élire leur nouveau gouvernement. À l'issue du scrutin, aucun vainqueur n'a pu être clairement désigné et ce sont les jeux d'alliance qui ont finalement scellé l'avenir politique du Cachemire indien pour les cinq prochaines années. Le parti de la Conférence nationale reprend donc les rênes, après un mandat d'absence, grâce à une coalition avec le parti du Congrès, rapporte l'Indian Express.

C'est Omar Abdullah, figure atypique et président de la Conférence nationale qui devient Premier ministre de l'Etat. Éduqué à Mumbai et en Ecosse, de père cachemiri et de mère anglaise, il a dû apprendre à parler couramment cachemiri pour se faire accepter par la population. À 38 ans, il devient le plus jeune Premier ministre d'État du pays. Une caractéristique qui lui a sans doute permis de séduire les nouvelles générations. Il a notamment créé un blog et un forum dans lequel il a recueilli les suggestions des plus jeunes pour les inscrire dans son programme.

Si Omar Abdullah représente la nouvelle génération, son nom ne représente pas pour autant un grand changement pour le Cachemire. Son père et son grand-père ont déjà occupé le même poste. On parle désormais de la dynastie Abdullah.

 

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A propos de cet espace

Le nouveau Premier ministre va devoir s'atteler à la réconciliation des zones hindoues et musulmanes de l'État. Cet été, de vives tensions avaient éclaté entre les deux communautés, faisant plus de quarante morts. Le parti concurrent, le PDP (parti démocratique du peuple) était alors au pouvoir.

Omar Abdullah a d'ores et déjà annoncé qu'il inclurait dans son gouvernement un membre des Pandits, ces hindous du Cachemire qui furent les premières victimes des activistes musulmans et qui durent s'exiler. "Il faut une voix Pandit dans le gouvernement", a-t-il déclaré à l'Indian Express. "Ils ont souffert. J'ai une grande responsabilité envers eux. Je vais faire en sorte de créer une atmosphère favorable au retour des Pandits dans la vallée."

Et pour régler définitivement les problèmes au Cachemire, le nouveau Premier ministre n'exclut pas la voie de l'autonomie. "La Conférence nationale pense que l'autonomie est une solution possible pour résoudre le problème du Cachemire et je ne vois pas pourquoi quiconque devrait émettre de réserves à ce sujet. Il n'est pas interdit d'en parler."

 

Morgane Jézéquel, Aujourd’hui l’Inde, le 31 décembre 2008