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L’Inde fait face à une situation nutritionnelle « alarmante »


L'Inde serait le pays le plus touché par la malnutrition chez les enfants de moins de cinq ans selon un récent rapport publié par l’Institut International de Recherche sur les Politiques Alimentaires.

Bas, modéré, sérieux, alarmant, extrêmement alarmant. Sur la cartographie des pays touchés par la famine, l’Inde s’inscrit à l’avant-dernier échelon et figure parmi les principales victimes du fléau. A quelques jours de la Journée mondiale de l’alimentation, l’Institut International de Recherche sur les Politiques Alimentaires (IFPRI) publie un rapport en demi-teintes sur "le défi de la faim" et la malnutrition chez l’enfant en particulier.

Basé sur les données collectées entre 2003 et 2008, le rapport s’appuie sur trois facteurs pour calculer l’Indice global de la famine dans le monde : la malnutrition, l’insuffisance pondérale chez les enfants de moins de cinq ans et le taux de mortalité infantile.

Selon Marie Ruel, directrice de la Division pauvreté, santé et nutrition de l’IFPRI et co-auteur du rapport, "Pour améliorer leurs scores, de nombreux pays doivent progresser plus rapidement dans la réduction de la malnutrition infantile. Une somme considérable de recherches montre que la période la plus favorable pour améliorer la nutrition va de la conception jusqu’à l’âge de deux ans. Au-delà de deux ans, les effets négatifs de la malnutrition sont en grande partie irréversibles."

Décrit comme "l’un des principaux obstacles à la réduction de la faim dans le monde", le problème de l’insuffisance pondérale chez les enfants de moins de cinq ans présente ses plus forts taux dans le sous-continent indien. 42% des enfants concernés y seraient recensés.

Une intervention en amont

En Inde et plus généralement en Asie du Sud, la mauvaise situation nutritionnelle, éducative et sociale des femmes constitueraient les principaux facteurs contribuant à la forte prévalence de la malnutrition chez les enfants de moins de cinq ans. L’IFPRI, en partenariat avec Welthungerhilfe et Concern Worldwide, préconise ainsi une intervention "là où elles feront le plus de bien", chez les femmes enceintes et allaitantes notamment.

A cinq ans de la date butoir des Objectifs du millénaire pour le développement, adoptés en 2000 par 189 états, et parmi lesquels on compte la réduction par deux du taux de famine dans le monde, les organisations espèrent faire de la malnutrition "une priorité politique, notamment en ce qui concerne les jeunes enfants."