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La Russie s'allie à l'Inde pour relancer son industrie militaire


La Russie s'est alliée à l'Inde pour un projet de développement d'avions de chasse, aux termes d'un accord qui devrait rapporter quelque 30 milliards de dollars à Moscou et lui permettre de relancer son industrie militaire.

Le ministre indien de la défense A.K Antony a reçu son homologue russe à New Delhi la semaine dernière ©AFP

 

L'Inde va commander de 250 à 300 avions de chasse de cinquième génération à la Russie, a annoncé la semaine dernière le ministre indien de la Défense A.K Antony. Ce projet de partenariat entre les deux pays prévoit le développement commun de ce type d'avion par la société indienne Hindustan Aeronautics Ltd (HAL) et le russe Soukhoï. Le montant total du contrat pourrait avoisiner les 30 milliards de dollars, selon les experts.

 

La Russie a besoin de l’argent indien

"C'est une nouvelle révolutionnaire. La Russie a besoin de l'argent indien comme de l'oxygène" pour accélérer la livraison des avions de chasse de cinquième génération à sa propre armée, estime Rousslan Poukhov, directeur du Centre d'analyse sur les stratégies et les technologies.

"Le développement des avions de chasse de cinquième génération est un projet très coûteux. La participation de l'Inde permettra d'en réduire le coût et aussi de financer partiellement la construction de ces avions pour la Russie"
, explique-t-il.

La Russie ne produit actuellement qu'un type d'avion de chasse de cinquième génération monoplace, le T-50, testé avec succès fin janvier. Pour sa part, l'Inde souhaite disposer d'un avion biplace qui reste à réaliser. Selon les experts, chaque avion de ce type coûte environ 100 millions de dollars.

De son côté, l'Inde, premier acheteur mondial d'armement parmi les pays émergents, qui s'est fixé l'objectif de moderniser son armée, a besoin de la Russie, car "c'est le seul pays avec les Etats-Unis à produire des chasseurs de cinquième génération", selon M. Poukhov.

"Les Indiens font confiance aux Russes"

Comme les Etats-Unis ne vendent ce type d'avions qu'à leurs alliés les plus proches, la Russie était pour l'Inde un fournisseur "sans alternative", affirme-t-il. "Et puis, il y a la question de confiance...", ajoute l'expert et "les Indiens font confiance aux Russes". La Russie, qui fournit 70% de l'équipement militaire indien, entretient des liens étroits avec New Delhi depuis les années 1950.

L'Inde est par ailleurs engagée dans un processus d'acquisition de 270 avions de chasse russes Sukhoï pour un montant de 12 milliards de dollars. L'injection de capital indien constituera un soutien important pour l'industrie militaire russe, en retard technologique depuis la fin de la guerre froide, malgré l'existence de certains modèles performants comme le système anti-missiles S-300, équivalent du Patriot américain.

En dépit de budgets importants, l'industrie militaire russe "n'est pas en mesure de répondre aux exigences requises" en matière d'armement moderne, a déclaré cette semaine M. Serdioukov à l'édition russe de l'hebdomadaire Newsweek.

Ainsi, le missile intercontinental Boulava, élément essentiel du dispositif russe de dissuasion nucléaire, n'a été testé avec succès que six fois sur 13 depuis 2005. Le dernier tir réussi, annoncé jeudi, a été accueilli avec un optimisme prudent par la presse russe.

 

Marina Panina, AFP, le 11 octobre 2010.