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Inde : 250 Français toujours bloqués par les inondations

L'armée indienne évacue des villages du Ladakh, où se trouvent toujours des dizaines de ressortissants français. Trois d'entre eux sont officiellement portés disparus.

 

«Les missions de reconnaissance se poursuivent sur place en collaboration avec les autorités indiennes», a indiqué le Quai d'Orsay.

«Les missions de reconnaissance se poursuivent sur place en collaboration avec les autorités indiennes», a indiqué le Quai d'Orsay. Crédits photo : REUTERS

 

L'attente est longue pour les familles qui attendent des nouvelles de leurs proches, bloqués en Inde depuis les inondations dans le nord du pays. Si Paris a annoncé la disparition de trois touristes français au Ladakh, la région touchée par les intempéries, près de 250 ressortissants, présents en Inde depuis le 8 août, sont toujours bloqués.

Les efforts se poursuivent dans cette région montagneuse pour tenter d'obtenir des nouvelles des disparus et récupérer les Français bloqués, a indiqué le ministère des Affaires étrangères. Trois agents de l'ambassade de France en Inde ont ainsi été envoyés à Leh, principale ville de la région très prisée des amateurs de trek. «Les missions de reconnaissance aériennes et terrestres se poursuivent sur place en collaboration avec les autorités indiennes, tandis que le réacheminement de Leh à New Delhi se poursuit», a également précisé le Quai d'Orsay, ajoutant que deux autres agents accueillent les ressortissants à leur arrivée à l'aéroport de New Delhi. Le ministère a en outre mis en place une ligne téléphonique supplémentaire*, en plus de celles déjà existantes, joignable par les familles 24 heures sur 24.

«Environ 250 Français se trouvent toujours au Ladakh, dont la moitié à Leh où ils attendent un vol retour pour la capitale indienne. Les autres Français se trouvent dans des localités environnantes», a affirmé jeudi le Quai d'Orsay. L'armée indienne a débuté mercredi l'évacuation des villages de Rumtse et de Shilling, où se trouvent une quarantaine de ressortissants français. A proximité du monastère de Lamayuru, une quarantaine d'autres touristes sont également en attente d'une évacuation. Enfin, quarante autres Français se trouvent dans le village de Padum, dans la région du Zanskar, où l'armée indienne leur a proposé une évacuation, a précisé le Quai d'Orsay.

 

«Une semaine en enfer»

Certains trekkers, arrivés sains et saufs à New Delhi, ont évoqué une «semaine en enfer» depuis les inondations qui ont frappé Leh et les villages alentours. «Il y avait des coulées de boue, des pierres tombaient des montagnes. C'était monstrueux», raconte un accompagnateur de haute montagne pour une agence de voyage. «On a ensuite été bloqué pendant cinq jours à Skyu, dans la vallée de la Markha. On était une centaine dans un village. On n'avait plus d'eau ni de nourriture et il n'y avait aucune liaison téléphonique, c'était la panique», confie le guide de 22 ans, finalement rapatrié dans la capitale indienne en hélicoptère.

«Notre tente est partie avec la première coulée de boue, mais par miracle, on venait d'en sortir. On s'est réfugié derrière un muret et on a dormi dans un poulailler les deux nuits suivantes», explique un pharmacien de 29 ans, témoignant avec son compagnon de voyage de «leur chance d'être là».

Le bilan officiel des inondations fait état de 185 morts et plus de 400 disparus. Parmi eux, les trois Français, dont le décès a été annoncé mardi par les autorités indiennes, mais que Paris considère comme disparus. «Nous sommes très préoccupés mais, pour nous, ces trois personnes sont toujours portées disparues, explique le Quai d'Orsay une semaine après les inondations. Nous n'avons aucune raison d'être pessimiste».

Le ministère recommande toutefois aux ressortissants français de reporter leur voyage dans cette région de l'Inde. A l'instar du directeur d'une agence de voyage franco-indienne basée à New Delhi, qui juge «insensé de voir des touristes débarquer tous les jours à Leh alors que les hôtels sont déjà complets, qu'il y a peu d'eau potable et que les secours sont en pleine recherche de personnes bloquées ou disparues».

 

Marion Brunet, Le Figaro, le 13 août 2010