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Le géant agroalimentaire a dû retirer une édition spéciale de ses barres chocolatées représentant des divinités, après un mouvement de protestation en ligne. L'épisode illustre la montée du nationalisme hindou en Inde.

 Les représentations de divinités hindoues sur les emballages KitKat ont suscité un flot de commentaires négatifs en Inde.

Les représentations de divinités hindoues sur les emballages KitKat ont suscité un flot de commentaires négatifs en Inde. (DR)

 

La dernière édition limitée de KitKat ne plaît pas du tout aux Indiens. La célèbre barre chocolatée a lancé il y a quelques semaines une série d'emballages spéciaux mettant en avant, dans plusieurs pays, des objets artisanaux locaux. « Mais la version indienne célébrant l'artisanat de l'Etat d'Odisha, sur laquelle figurent des représentations de divinités hindoues, a provoqué un flot de réactions négatives sur Internet », rapporte « The Guardian ».

Des consommateurs se sont indignés en notant que les emballages se retrouveraient dans les poubelles ou jetés par terre, et que mêler ces divinités aux déchets serait un acte irrespectueux envers la religion. Pour éviter que l'affaire ne s'enflamme, Nestlé s'est empressé de retirer les KitKat incriminés des rayons, « par mesure préventive ». « Nous comprenons la sensibilité sur ce sujet et nous regrettons d'avoir pu heurter des gens par inadvertance », a expliqué le géant agroalimentaire dans un communiqué.

 

Un épisode symbolique

Pour « The Guardian », cet épisode symbolise les tensions actuelles au sein de la société indienne, avec une montée du nationalisme hindou, incarnée jusqu'au sommet de l'Etat par le Premier ministre, Narendra Modi.

« Il y a une sensibilité accrue sur les représentations de la foi hindoue dans la sphère publique et des accusations de provocations contre les sentiments religieux ont été récemment portées contre des livres, des films, des émissions de télévision et des publicités », rappelle le quotidien britannique. Le phénomène ne concerne pas que les marques étrangères, plusieurs sociétés indiennes ont elles aussi subi les foudres de campagnes négatives sur Internet.

 

Pierre Demoux, Les Echos.fr le 22 janvier 2022