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 Pour de nombreux partisans du Premier ministre Narendra Modi, ce colloque était en réalité une manière de discriminer les hindous.

Pour de nombreux partisans du Premier ministre Narendra Modi, ce colloque était en réalité une manière de discriminer les hindous. Prakash SINGH AFP

 

Polémique en Inde alors qu’avait lieu ce week-end aux États-Unis un colloque sur l'extrémisme hindou. Beaucoup des partisans du parti BJP au pouvoir l’ont perçu comme une attaque contre le pays. Plusieurs intervenants indiens ont dû renoncer à participer à la conférence après avoir reçu des menaces de mort.

L'événement avait beau avoir lieu outre-Atlantique, il a divisé un peu plus les Indiens. Son mot d’ordre ? Déconstruire l’Hindutva, c'est-à-dire l’extrémisme hindou. En partenariat avec de nombreuses universités, cette série de conférences réunissait les spécialistes mondiaux de cette idéologie nationaliste et religieuse, dont le Français Christophe Jaffrelot.

Mais plusieurs semaines avant le colloque, la toile s’est enflammée. Pour de nombreux partisans du Premier ministre Narendra Modi, il s’agissait en réalité de discriminer les Hindous. Le ministre du Travail l’a qualifié de « déclaration ouverte de haine contre l’Inde ».

 

The #DismantlingGlobalHindutva Conference is an open declaration of hate against India. A strong India, set firmly on the path of atmanirbharta, has rattled her detractors. The knowledge of oneness defines Hindutva. Many tried to dismantle it. None succeeded.

— Bhupender Yadav (@byadavbjp) September 11, 2021

Hindutva calls non-believers the worst of creatures. forbids marrying them. Hindutva recommends conditional wife-beating. Believers of Hindutva blew up Bamiyan Buddhas. Hindutva is responsible for 31,221 major terror attacks in the last 20 years.

Come, let us dismantle Hindutva.

— Anand Ranganathan (@ARanganathan72) September 11, 2021

 

La liberté des chercheurs en recul

Résultat, des centaines de milliers de mails ont été envoyés aux universités pour réclamer l’annulation de l'événement, faisant même planter les serveurs de l’université Drew, dans le New Jersey. Plus inquiétant, certains intervenants basés en Inde ont renoncé à participer aux discussions après avoir reçu des menaces de mort.

Ces dernières années, la liberté des chercheurs a reculé en Inde, le parti BJP ayant placé des proches à la tête de beaucoup d’universités. Cette campagne d’intimidation pose désormais la question de la liberté d’expression à l'international.

Côme Bastin, RFI.fr, le 13 septembre 2021