Blue Flower

 

 Manifestation à Bangalore, après la mort de Joël Malou, le 2 août 2021.

Manifestation à Bangalore, après la mort de Joël Malou, le 2 août 2021. © AFP

 

Des dizaines de ressortissants africains de la ville de Bangalore, au sud de l'Inde, ont manifesté, lundi 2 août, devant un poste de police local et ont été violemment réprimés. Ils exprimaient leur outrage après le décès en garde à vue d’un jeune Congolais de RDC, accusé de possession de drogues. Des accusations que ses amis considèrent comme montées de toutes pièces.

La police de Bangalore dit avoir arrêté Joël Malu en scooter, en possession de MDMA, une drogue psychotrope, dimanche dans la nuit. Les agents emmènent ce jeune Congolais de 27 ans au poste et, quelques heures après, il serait mort d’une crise cardiaque.

Mais ses amis racontent une tout autre histoire. Selon eux, les policiers débarquent chez Joël alors qu’il célèbre un anniversaire. Ils fouillent son appartement, ne trouvent rien, mais lui demandent de l’argent. Il ne peut en donner, donc les agents le placent en détention et réclament une rançon pour le libérer.

 

« Votre frère est décédé »

Glody Kparagume, un vieil ami congolais de Joël, assiste à ce marchandage. « Ils avaient demandé au moins 1 500 dollars pour le libérer. On essaie un peu de se cotiser et de voir comment on pouvait trouver un petit rien pour aller négocier. Le matin, en allant là-bas pour commencer les démarches, on nous dit : "Votre frère est décédé". Je ne sais pas ce qui s’est passé, je ne sais pas ce qu’ils lui ont donné », témoigne-t-il.

La situation s’est déjà envenimée, car lundi après midi, des dizaines de ressortissants africains ont manifesté devant le commissariat de JC Nagar, dans le nord de Bangalore. Cela a commencé par un rassemblement spontané. Des dizaines d’hommes et femmes africains sont venus pour demander des explications à la police sur les causes du décès de Joël Malu. Ils n’ont pas reçu de réponse satisfaisante à leurs yeux, ni pu voir le corps de leur camarade, et le ton est monté.

 

Cinq manifestants arrêtés

La police affirme que certains ont insulté et malmené des agents, et ont cassé du mobilier urbain. Les policiers ont alors répondu violemment, utilisant leurs bâtons en bambous. Des vidéos montrent deux groupes de quatre agents s’acharner sur deux Africains isolés, désarmés et pieds nus qui en ressortent la tête en sang.

Cinq manifestants de différents pays africains ont été arrêtés et sont poursuivis pour émeute et destruction de bien publics. L’autopsie du corps de Joël Malu, elle, doit avoir lieu ce mercredi matin, en présence du premier conseiller de l’ambassade de RDC. Cette opération devrait aider à déterminer les causes réelles du décès du jeune homme. Un décès qui a pour l’instant seulement été qualifiée de non naturelle.

Sébastien Farcis, RFI.fr le 3 août 2021