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Catégorie : Actualité du C.I.D.I.F

 

Des blessés ont été recensés des deux côtés selon les médias indiens, quelques mois après des affrontements meurtriers entre les armées des deux pays.

 

Des troupes indiennes se dirigeant vers la frontière sino-indienne, dans l’Himalaya, le 14 septembre 2017.

Des troupes indiennes se dirigeant vers la frontière sino-indienne, dans l’Himalaya, le 14 septembre 2017. MANISH SWARUP / AP

 

A peine six mois après les derniers affrontements, les tensions sont toujours présentes. Les troupes indiennes et chinoises se sont affrontées, la semaine dernière, sur le col de Naku La dans l’Etat indien du Sikkim, le long de la frontière himalayenne.

Une patrouille chinoise a tenté de traverser le territoire indien avant d’être repoussée, ont déclaré ces responsables. Naku La relie le Sikkim à la région du Tibet en Chine. Cet affrontement a fait des blessés des deux côtés – dont quatre côté indien – ont rapporté, lundi 25 janvier, des sources militaires et des médias indiens.

L’armée indienne a cependant minimisé l’événement, en le qualifiant de « confrontation mineure ». Dans un bref communiqué, elle a également précisé que les tensions avaient été « résolues par les commandements locaux selon des protocoles établis ». Le ministère des affaires étrangères chinois a déclaré qu’il n’avait « aucune information » sur l’incidentSon porte-parole, Zhao Lijian, a rappelé que les soldats chinois « se consacrent au maintien de la paix et de la tranquillité de la région frontalière », exhortant « l’Inde à travailler dans la même direction ».

Les derniers pourparlers de désescalade entre les deux commandements militaires ont eu lieu dimanche.

 

Combats en 2020

Des combats au corps à corps à la frontière du Sikkim en mai avaient ravivé les tensions frontalières entre les deux pays voisins, les plus peuplés du monde. En juin, au moins vingt soldats indiens et un nombre inconnu de forces chinoises ont été tués dans un affrontement sur leur frontière himalayenne de la région du Ladakh. Après cet affrontement au corps à corps, de hauts responsables des armées chinoise et indienne s’étaient rencontrés et étaient convenus d’œuvrer pour apaiser les tensions. Au début de janvier 2021, le ministre des affaires étrangères indien, Subrahmanyam Jaishankar, a admis que les relations avec la Chine avaient été « considérablement affectées » par les événements de l’an passé.

La Ligne de contrôle effectif, frontière de facto entre l’Inde et la Chine, n’est pas correctement démarquée. Conformément à une pratique de longue date pour éviter une réelle confrontation militaire, les deux armées n’utilisent pas d’armes à feu le long de leur frontière. Officiellement, aucun coup de feu n’y avait été tiré depuis 1975.

Les deux pays ont envoyé dans cette région, où un hiver féroce sévit actuellement, des dizaines de milliers de soldats supplémentaires ainsi que des armes lourdes. Le dernier conflit ouvert entre les deux nations remonte à la guerre éclair de 1962, qui avait vu les troupes indiennes rapidement défaites par l’armée chinoise.

Peu après les combats de juin, le gouvernement indien avait interdit son gigantesque marché à près de soixante applications chinoises pour smartphones, dont la très populaire TikTok. En juillet et septembre, cent soixante-cinq applications supplémentaires ont également été bannies. En novembre, une nouvelle salve d’interdictions a visé quarante-trois autres applications chinoises, dont celles du géant chinois du commerce en ligne, Alibaba, le gouvernement indien jugeant qu’elles menaçaient « la souveraineté et l’intégrité » du pays.

AFP, in Le Monde.fr le 25 janvier 2021