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 L'ancien ministre en chef du Jammu et Cachemire Omar Abdullah, lors d'une conférence de presse devant sa maison familiale, à Srinagar le 26 décembre 2020.

L'ancien ministre en chef du Jammu et Cachemire Omar Abdullah, lors d'une conférence de presse devant sa maison familiale, à Srinagar le 26 décembre 2020. AFP - TAUSEEF MUSTAFA

 

Les résultats des premières élections libres au Cachemire indien depuis la révocation de son autonomie ont été publiés samedi 26 décembre. Ce scrutin, qui se tenait du 28 novembre au 19 décembre, était un test pour le parti BJP nationaliste hindou de Narendra Modi, depuis sa décision de changer en août 2019 le statut de cet État à majorité musulmane. À son grand dam, l’Alliance du peuple, une coalition d’opposition favorable à l'autonomie, remporte le plus grand nombre de sièges.

La liste de l’Alliance du peuple était menée par l’ancienne ministre en chef du Cachemire qui avait passé 14 mois en prison et critiquée par le gouvernement central comme étant « antinationale ».

L’Alliance du Peuple, une coalition qui milite pour le retour du statut spécial autonome de cet État, sort gagnante des premières élections du Jammu et Cachemire. Elle remporte 112 des 288 sièges des Conseils de développement, un nouveau système de gouvernance.

Si l’opposition a accepté de se prêter au jeu démocratique, le message est clair pour Narendra Modi : une large partie de la population souhaite la restauration de l’autonomie du Cachemire.

Des élections controversées après des opposants emprisonnés

Le parti du Premier ministre remporte tout de même 75 sièges, dont 72 dans le territoire du Jammu à majorité hindoue, qui lui est plus favorable. Dans une adresse à la nation, Narendra Modi a déclaré samedi 26 décembre que ces élections avaient « renforcé sa foi en la démocratie ».

Le caractère démocratique de ces élections ne fait cependant pas l’unanimité : beaucoup de militants et d’intellectuels ont été emprisonnés en août 2019 et l’Alliance du Peuple affirme aussi que certains de ses candidats ont subi des pressions pour quitter leur parti[UO1] .

Côme Bastin, RFI.fr le 27 décembre 2020.

 


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