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A la tête de l’Uttar Pradesh, l’Etat le plus peuplé d’Inde, Yogi Adityanath, moine fanatique adoubé par le premier ministre Narendra Modi, met en œuvre l’hindutva, une idéologie ouvertement islamophobe

 

ENQUÊTE

NEW DELHI (INDE)- correspondante

Il est habillé de safran, la couleur des hindous, de sa toge jusqu’à ses tongs. Le crane rasé, une marque rouge sur le front, Yogi Adityanath cultive l’image d’un ascète dévoué à l’hindouisme. Le cartilage de ses oreilles est fendu par une boucle d’oreille, signe de reconnaissance des membres du mouvement religieux des Nath Yogi, dont la légende assure qu’ils sont dotés de pouvoirs magiques surhumains acquis par des rituels, une pratique alchimique et la discipline du yoga.

Ajay Singh Bisht, de son vrai nom, 48 ans, célibataire, est à la fois un moine hindou, responsable du monastère de Gorakhpur, le plus important pour la communauté hindoue des Nath Yogi, et, depuis 2017, le chef du gouvernement de l’Uttar Pradesh, l’Etat le plus peuplé d’Inde avec environ 200 millions d’habitants, et l’un des plus pauvres. Après trois ans de pouvoir, l’homme, d’allure plutôt frêle, qui ne s’exprime qu’en hindi, incarne le visage de l’hindouisme extrême. On lui prédit un destin national en tant que successeur possible de Narendra Modi, le jour où le premier ministre indien quittera le pouvoir. L’homme, omniprésent dans les médias, terrorise autant qu’il fascine.

Les défenseurs des droits de l’homme en frémissent, tant son Etat est devenu le laboratoire de l’Hindutva, une idéologie suprémaciste inventée dans les années 1920 visant à instaurer une Inde hindoue au détriment des autres religions, en particulier l’islam. Sa dernière décision, la criminalisation des mariages interreligieux, le « love jihad », n’est que l’ultime avatar d’une politique de stigmatisation systématique des musulmans. Yogi Adityanath est en croisade. Il ne s’en cache pas. A ceux qui lui demandent s’il est islamophobe, il répond : « Je suis contre tous ceux qui sont contre l’hindouisme. Mon programme est l’hindouisme. »

Son parcours témoigne d’une extrême imbrication de la religion et de la politique, dans une Inde où la laïcité est inscrite dans la constitution. Le jeune homme a 21 ans quand il renonce à une vie familiale et entre, après des études de mathématiques, au monastère de Gorakhpur, situé dans la vallée de la Karnali, l’un des principaux affluents du Gange, grâce à son oncle Mahant, grand prêtre – la fonction suprême. A son arrivée, il est rebaptisé Yogi Adityanath et prend en charge des activités administratives et politiques. « Dès le départ, c’est un politique », explique Véronique Bouillier, anthropologue, spécialiste des Nath Yogi, qui vient de publier une étude sur le chef de l’Uttar Pradesh dans la revue en ligne Samaj.

 

Député à 26 ans

Son maître spirituel, le Mahant Avaidyanath, lui cède son siège de député en 1998. Yogi Adityanath entre à la Lok Sabha à 26 ans. C’est le plus jeune membre de la chambre basse du Parlement indien. Il sera reconduit pour quatre mandats consécutifs. Sa carrière politique se combine avec son ascension religieuse. En septembre 2014, il prend la succession de son maître défunt à la tête du monastère de Gorakhpur. Le ban et l’arrière-ban du parti nationaliste, le Bharatiya Janata Party (BJP) se pressent à son intronisation. « Cette cérémonie, raconte Véronique Bouillier, devant une foule immense de yogis, de citoyens de Gorakhpur, de politiciens de haut niveau, lui a conféré à la fois une reconnaissance politique et une légitimité auprès de la communauté. »

Le chef du gouvernement de l’Uttar Pradesh, Yogi Adityanath (à gauche), avec le premier ministre indien Narendra Modi, à Meerut, le 28 mars 2019.

Le chef du gouvernement de l’Uttar Pradesh, Yogi Adityanath (à gauche), et le premier ministre indien Narendra Modi, à Meerut, le 28 mars 2019. ATAF QADRI:AP

 

 

Sa réputation est sulfureuse – l’élu est notamment poursuivi par la justice pour complicité de tentative de meurtre et participation à des émeutes – mais sa popularité est suffisamment installée pour qu’en 2017 Narendra Modi, le premier ministre indien, le choisisse pour diriger l’Uttar Pradesh, soucieux d’envoyer un signal à la frange la plus extrémiste de son électorat et d’enfoncer un coin supplémentaire dans la laïcité indienne. M. Modi, lui-même ardent défenseur de l’Hindutva, assiste personnellement à sa cérémonie de prestation de serment à Lucknow, la capitale de l’Uttar Pradesh, le 19 mars 2017, de même qu’Amit Shah, le chef du BJP et futur ministre de l’intérieur. Epouvantail de l’opposition, Yogi Adityanath est un appât électoral pour la droite et l’extrême droite. Ses discours véhéments et haineux contre les musulmans, « les anti-nationaux », comme il les appelle, font fureur auprès des fanatiques.

« Il y a toujours eu une division du travail au sein du BJP entre les modérés et les radicaux, note Gilles Verniers, professeur de science politique à l’université Ashoka dans l’Haryana, près de New Delhi. Modi parle de gouvernance, de défense de l’Inde, de valeurs, et laisse la mobilisation ethnique et religieuse à Yogi Adityanath qui a toujours poussé une ligne dure et une culture d’action offensive contre les musulmans. »

Adoubé par Modi, le chef du gouvernement de l’Uttar Pradesh conserve – c’est un fait rare – son autonomie par rapport au parti au pouvoir mais aussi à l’organisation phare des nationalistes, le Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS), l’association des volontaires nationaux. Yogi Adityanath aurait pu, comme la majorité des élus nationalistes, s’appuyer sur cette grande nébuleuse, qui irrigue l’Inde avec ses 50 000 branches et ses 4 millions de membres, mais il a préféré se doter de sa propre milice, la « Hindu Yuva Vahani » (HYV). Cette « brigade de la jeunesse hindoue » fondée en 2002 à Gorakhpur est le bras armé de Yogi Adityanath. Composée de jeunes fanatiques portant une écharpe safran et dévoués officiellement à la cause de l’Hindutva, elle a essaimé dans toute la région et répandu la terreur dans la communauté musulmane.

 

Arrêté et emprisonné

Comme ce 27 janvier 2007, lorsqu’une procession musulmane pour la fête de Moharram croise les participants d’un mariage hindou à Gorakhpur. Provocations, insultes… Des heurts éclatent entre les deux communautés. Un hindou est mortellement blessé. La police décrète un couvre-feu pour éviter une flambée de violence. Mais le lendemain, bravant l’interdit, le député Yogi Adityanath prononce un discours incendiaire, appelant les hindous à venger leur frère. « Si quelqu’un a mis le feu aux maisons et aux magasins des hindous, alors je ne crois pas qu’il faille vous empêcher de faire de même », lance-t-il à la foule, avant de promettre de détruire les tazias, les répliques de la tombe de Hussain emmenées en procession lors de la Moharram. L’élu est arrêté pour trouble à l’ordre public et emprisonné. Son incarcération déclenche des émeutes ; des trains, des bus, des mosquées sont incendiés, des magasins et maisons appartenant à des musulmans sont pillés. Dix personnes perdent la vie.

Le journaliste Dhirendra K. Jha, auteur d’un livre sur Yogi Adityanath et le HYV, a comptabilisé 22 émeutes majeures impliquant la milice à Gorakhpur et dans les districts voisins de 2002 à 2007. « Dès le premier jour de sa création, écrit-il, la HYV a mené une campagne agressive et toxique, transformant les plus petits incidents en guerres communautaires et stigmatisant les minorités comme des ennemis des hindous. »

Le député est libéré après onze jours en prison. En représailles, le gouvernement de l’Uttar Pradesh de Mulayam Singh lui retire ses gardes de sécurité. Au cours d’une séance mémorable au Parlement national, éclatant en sanglots, Yogi Adityanath se dit victime d’une « conspiration politique » et implore la protection du président de la chambre basse. Poursuivi dans l’affaire de Gorakhpur, il s’autoblanchit en faisant voter, dès son accession à la tête de l’Uttar Pradesh, une loi effaçant toutes les procédures engagées contre lui par ses prédécesseurs.

« Il est indifférent à toutes les normes démocratiques, concentre tous les pouvoirs, marginalise le Parlement et les institutions », analyse Gilles Verniers. Sa méthode à la tête de l’Uttar Pradesh est brutale, autoritaire, centralisée et personnalisée. En plus de sa fonction de chef de gouvernement, il s’est attribué une vingtaine de ministères, de l’urbanisme à l’alimentation en passant par l’exploitation minière.

L’essentiel de sa politique au cours des premiers mois est dirigée contre les musulmans et se focalise sur la question de la protection de la vache, animal sacré pour les hindous. « Il n’y a qu’une seule façon de protéger la culture indienne : protéger les gau (vaches), le Gange et la (déesse) Gayatri. Seule la communauté qui peut protéger ce patrimoine survivra. Sinon, il y aura une énorme crise d’identité, et cette crise d’identité mettra notre existence en danger », prophétise-t-il lors de la première convention indienne des protecteurs de vaches à Lucknow en novembre 2017.

 

Une résistance faible

Un plan de construction et d’entretien des « gaushalas » (étables) est déployé dans les 75 districts de la région, à coups de millions de roupies. Yogi Adityanath ordonne la fermeture de dizaines d’abattoirs, qu’il déclare « illégaux », privant les propriétaires de leurs moyens de subsistance. L’Uttar Pradesh n’est cependant pas un cas isolé. Des comités de vigilance ont été créés partout sur le territoire, qui pourchassent les musulmans, mais aussi les Dalits (anciennement appelés « Intouchables ») pratiquant le métier d’équarrisseur, accusés de tuer et de consommer des vaches. Une vague de lynchages d’éleveurs et de bouchers s’est propagée dans le pays à partir de 2015.

Parallèlement, Yogi Adityanath s’attelle à « restaurer »,dit-il, l’histoire de l’Inde, en effaçant les traces des Moghols, les empereurs musulmans. Il retire le Taj Mahal des dépliants touristiques et rebaptise les villes, les rues et les musées à consonance musulmane pour les hindouiser.

Un policier armé monte la garde avant la cérémonie de pose de la fondation d’un temple hindou à Ayodhya, en Inde, le 5 août 2020.

Un policier armé monte la garde avant la cérémonie de pose de la fondation d’un temple hindou à Ayodhya, en Inde, £
le 5 août 2020. PAWAN KUMAR / REUTERS

 

 

Yogi Adityanath ne se heurte quasiment à aucune résistance. L’opposition politique est anéantie, et l’opposition citoyenne, quand elle ose s’exprimer, est systématiquement punie. Ce fut le cas lors des grandes manifestations contre la réforme de la nationalité votée en décembre 2019 par le Parlement. Durant des mois, dans tout le pays, les Indiens s’étaient mobilisés contre cette loi jugée islamophobe, excluant les immigrants musulmans d’un processus de régularisation accordé à toutes les autres religions.

Partisan de la réforme, le chef de l’Uttar Pradesh a ordonné aux policiers de réprimer les manifestants. Ceux-ci ont tiré à balles réelles dans la foule. Le bilan est lourd. Fin février, l’Etat comptait 23 morts, pour la plupart musulmans, et des centaines de protestataires avaient été jetés en prison sous le couvert de la loi sur la sécurité nationale (National Security Act), qui permet l’emprisonnement de toute personne représentant un danger pour la sécurité publique, pendant douze mois, sans procès. En mars 2020, Yogi Adityanath a fait placarder sur les murs de Lucknow des affiches portant les photos, noms et adresses de 75 manifestants, accusés de vandalisme et verbalisés de fortes amendes. Une sorte de mise au pilori, condamnée par la Haute Cour d’Allahabad – rebaptisée Prayagraj en octobre 2018 –, qui a ordonné le retrait des affiches litigieuses.

Parmi les manifestants ciblés par la police figure un médecin, Kafeel Khan, musulman. Son nom avait fait la « une » de la presse trois ans plus tôt, en août 2017. Le pédiatre avait dénoncé l’incurie de l’administration après la mort de 70 enfants à l’hôpital public de Gorakhpur, à cause d’une rupture de l’approvisionnement en oxygène due à un défaut de paiement de l’hôpital aux fournisseurs. Interpellé en septembre 2017, le médecin a été poursuivi pour « homicide et négligence », et incarcéré pendant sept mois. Libéré sous caution en avril 2018, puis de nouveau emprisonné, il vit un parcours depuis trois ans qui témoigne d’un véritable acharnement. « Le système de santé en Uttar Pradesh est en panne et ils savent que je parle des questions de santé, c’est une des raisons pour lesquelles ils veulent me faire taire, a-t-il déclaré à sa libération. Je pense qu’ils voulaient me garder en prison jusqu’en 2022 », date des prochaines élections régionales.

 

Chasse aux musulmans

En septembre 2019, la justice l’a acquitté de toutes les accusations. Trois mois plus tard, en décembre 2019, il fut de nouveau mis sous les verrous pour avoir prononcé un discours jugé « provocateur » devant 600 étudiants à l’université d’Aligarh, lors des manifestations contre la loi sur la citoyenneté. Le tribunal de la ville l’a innocenté le 10 février 2020, relevant que son allocution ne contenait ni haine, ni violence, ni menace à l’ordre public, mais le gouvernement de l’Uttar Pradesh l’a maintenu en détention, pendant encore huit mois, jusqu’à ce que la Haute Cour d’Allahabad, en septembre, exige sa libération. La Cour suprême vient de rejeter, jeudi 17 décembre, l’appel formé par le gouvernement de l’Uttar Pradesh contre cette décision.

Une autre affaire ces dernières semaines a mis au jour un aspect moins visible de la politique d’Adityanath que sa chasse aux musulmans, mais tout aussi délétère : la domination des Thakurs (ou Rajputs), deuxièmes dans la hiérarchie des castes, juste derrière les Brahmanes. Yogi Adityanath est un Thakur, comme l’essentiel des membres de sa milice, recrutés parmi des jeunes sans emploi, mais éduqués.

 

De jeunes militants du parti Shiv Sena demandent le départ du chef de l’Uttar Pradesh, Yogi Adityanath, à Bombay, le 3 octobre 2020.

 

De jeunes militants du parti Shiv Sena demandent le départ du chef de l’Uttar Pradesh, Yogi Adityanath, à Bombay,
le 3 octobre 2020. RAJANISH KAKADE/AP

 

Les faits se sont déroulés le 14 septembre, dans le district d’Hathras. Une jeune femme de 19 ans a été sauvagement violée par quatre hommes, tous des Thakurs. Traînée par le cou, elle a eu la colonne vertébrale brisée. Elle est morte de ses blessures le 29 septembre à l’hôpital. La victime était une Dalit, c’est-à-dire une hors caste, tout en bas de l’échelle sociale. La police de l’Uttar Pradesh a commencé par nier le viol, avant d’incinérer précipitamment le corps de la jeune fille, de nuit dans un champ, malgré l’appel déchirant de ses parents, enfermés chez eux et privés d’adieux.

Sans condamner les auteurs, Yogi Adityanath s’en est pris à l’opposition, assurant que l’indignation suscitée par le drame faisait partie d’une « conspiration »visant à déstabiliser l’Etat et à entraver « le développement » de l’Uttar Pradesh. Le Central Bureau of Investigation (CBI), équivalent du FBI américain pour l’Inde, chargé d’enquêter sur le drame, vient de contredire la police de l’Uttar Pradesh en déposant devant un tribunal d’Hathras un acte d’accusation contre les quatre hommes pour viol en réunion et meurtre.

Selon les dernières données du National Crime Records Bureau, publiées en janvier, les crimes enregistrés contre les Dalits dans l’Uttar Pradesh ont augmenté de 47 % de 2014 à 2018. En 2019, c’est dans cet Etat qu’ont eu lieu plus de 25 % des crimes contre les femmes et les filles, dont les viols collectifs. Il compte enfin le plus grand nombre de meurtres de journalistes.

« L’ordre public dans l’Uttar Pradesh est en déclin depuis des décennies. Mais aujourd’hui, l’Etat sombre dans le chaos sous l’action d’une force qui fait tout sauf la police. Les viols, les meurtres et les atrocités de caste ensanglantent le paysage au quotidien, l’Uttar Pradesh étant en tête de liste des crimes dans plusieurs catégories », a commenté, dans The Indian Express, la journaliste politique Arati R. Jerath après la publication de ces statistiques. « Cela n’est guère surprenant, poursuit-elle, lorsque le responsable est lui-même un personnage souillé et qu’il ne croit pas au respect de la loi ou de la dignité humaine. »

 

Un temple à la place d’une mosquée

Est-ce pour échapper aux polémiques qui font son quotidien, au moins une fois par semaine, que le moine député rejoint le monastère de Gorakhpur en 4 x 4, protégé par des hommes armés de kalachnikov ? Le lieu est immense et compte, outre le grand temple blanc, une succession d’autres bâtiments, de sanctuaires, la résidence et les bureaux du Mahant, une gaushala et ses vaches. Yogi Adityanath y reçoit en audience, une heure le matin. Certains dévots viennent lui baiser les pieds, mais bien souvent, les gens viennent lui demander une aide pratique, éducative ou médicale. Le monastère gère une douzaine d’institutions, une clinique, un hôpital, un collège sanskrit, une bibliothèque, un centre de yoga, une école.

Lors d’une manifestation contre les lois sur le « love jihad » à Bangalore, le 1er décembre 2020.

 

Lors d’une manifestation contre les lois sur le « love jihad » à Bangalore, le 1er décembre 2020.
MANJUNATH KIRAN/AFP

 

Situé à 130 kilomètres d’Ayodhya, le monastère de Gorakhpur a joué un rôle central, à partir des années 1940, dans la bataille des hindous contre les musulmans pour exiger la construction sur ce site d’un temple en lieu et place de la mosquée de Babri, édifiée au XVIe siècle. Les hindous, qui détruisirent l’édifice en 1992, considèrent qu’il s’agit là du lieu de naissance du dieu Ram, septième avatar de Vishnou. En 2019, après des années de conflit et des milliers de morts, la justice indienne a donné son feu vert à la construction du temple, dont Narendra Modi et Yogi Adityanath ont posé la première pierre le 5 août au cours d’une cérémonie retransmise en direct par toutes les télévisions du pays.

Les travaux devraient s’achever en 2024, avant les prochaines élections nationales. Le premier ministre comme le chef de l’Uttar Pradesh savent que le temple de Ram pèsera plus pour leur avenir que n’importe quel autre bilan.

Sophie Landrin, Le Monde.fr le 24 décembre 2020