Blue Flower

 

Mercredi 27 octobre 2020, The Verge nous rapporte que la responsable de la politique de Facebook en Inde, Ankhi Das, a démissionné de son poste suite à la pression et aux critiques croissantes exercées par des militants indiens à son égard. Facebook a déclaré dans un communiqué qu’officiellement, Das quittait l’entreprise pour se consacrer au service public.

La branche de Facebook en Inde a été la cible de nombreuses critiques pour son inaction face aux discours de haine qui accompagnaient souvent d’horribles actes de violence populaire, rapporte The Verge. La situation était telle que les militants craignaient que le manque de réactivité de Facebook ne conduise à des violences similaires aux événements du Myanmar ou du Sri Lanka.

A cet effet, les militants ont envoyé une lettre ouverte à l’entreprise en septembre dernier pour demander la démission d’Ankhi Das.

Ankhi Das n’aurait pas correctement rempli son devoir

Dans cette lettre, une coalition de groupes de défense des droits humains a fait valoir que « Facebook ne devrait plus être complice de violence hors ligne et encore moins d’un autre génocide » mais que le modèle d’inaction affiché par l’entreprise est imprudent au point de s’apparenter à de la complicité.

Les auteurs de la lettre ont alors exhorté Facebook, et particulièrement le siège californien « à prendre des mesures décisives contre les échecs et l’incapacité » de sa branche indienne « à traiter les contenus dangereux en Inde ».

Par ailleurs, Ankhi Das ne jouit pas de la meilleure des réputations auprès des militants indiens. Accusée d’user de son influence sur la direction indienne de Facebook, la responsable aurait également attisé les critiques pour son penchant pour le parti politique indien Bharariiya Janata Party (BJP) et son affront à l’égard des journalistes.

La responsable était également mal vue par le Comité international pour la protection des journalistes

L’ancienne responsable aurait effectivement déposé une plaine pénale contre une série de critiques en août dernier pour intimidation criminelle, mais sa plainte avait été jugée trop extrême par le Comité international pour la protection des journalistes au point que le Comité l’ait interprété comme une menace potentielle pour la liberté de la presse.

En tout cas, le directeur général de Facebook en Inde, Ajit Mohan, a déclaré dans le communiqué qu’Ankhi avait joué « un rôle déterminant dans la croissance de l’entreprise et de ses services au cours des 9 dernières années » en plus d’avoir été l’un des premiers employés du géant des médias sociaux en Inde.

L’ex-responsable de la politique de Facebook en Inde s’est quant à elle contentée de remercier Facebook et Mark Zuckerberg dans une note d’adieu et a déclaré qu’elle espérait les avoir bien servis, l’entreprise et lui.

Arielle, Fred Zone.org le 29 octobre 2020.