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 Musulmans lors de la prière du matin à la grande mosquée de Delhi, le 1er août 2020.

Musulmans lors de la prière du matin à la grande mosquée de Delhi, le 1er août 2020. 
Money SHARMA / AFP

 

En Inde, la Cour suprême vient d’interdire la diffusion d’une émission ouvertement anti-musulmans, tolérée par le gouvernement. Les juges prennent cette mesure exceptionnelle et rare alors que les médias indiens empruntent un ton de plus en plus agressif envers cette minorité religieuse, qui représente environ 15% de la population.

Le rédacteur en chef de la chaîne arrive en tenue safran devant la caméra et présente son émission, d’un ton militant, et avec des questions polémiques : « Pourquoi y a-t-il une augmentation soudaine de musulmans qui réussissent les examens de la haute fonction publique ? Comment réussissent-ils des examens si difficiles ? Et que se passera-t-il si ces jihadistes deviennent vos hauts fonctionnaires ? Réponse dans notre programme. »

Il annonce ainsi une prétendue enquête de dix épisodes de la chaîne câblée d’information Sudarshan TV. La cour d’appel l’avait déjà suspendue avant la première diffusion, en voyant la bande-annonce, mais le gouvernement nationaliste hindou l’a ensuite autorisée, refusant de censurer a priori le travail de journalistes. C’est finalement la Cour suprême qui y met un terme, après la diffusion de quatre épisodes.

Les juges ont condamné, avec une fermeté rare, cette démarche anti-musulmans, qui violerait le respect de la diversité religieuse chère à l’Inde. Ce genre d’abus et de propos haineux est de plus en plus courant, selon les hauts magistrats, du fait de la course effrénée à l’audience menée entre les centaines de chaînes privées d’information.

Sébastien Farcis, RFI.fr le 17 septembre 2020