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VU DANS LA PRESSE - Des tests montrent que 57% des habitants des bidonvilles de la mégalopole indienne présentent des anticorps. Les scientifiques rappellent toutefois que la présence d'anticorps ne garantit pas la protection contre la maladie.

 

Un bidonville de Bombay (illustration)

Un bidonville de Bombay (illustration) Crédit : INDRANIL MUKHERJEE / AFP

 

Au mois de juillet dernier, des chercheurs indiens ont fait une découverte surprenante. Dans les bidonvilles de Bombay, ils ont testé quelque 7.000 personnes et découvert que 57% d'entre elles étaient positives à la Covid-19. 

Dans cette zone où la distanciation physique est quasiment impossible, la contamination aurait pu avoir un effet bénéfique : les habitants des bidonvilles pourraient avoir atteint l'immunité collective, rapporte la chaîne américaine CNN.

C'est en tout cas ce que pense Jayaprakash Muliyil, président du comité scientifique de l'Institut national d'épidémiologie d'Inde. "Si les gens de Bombay veulent un endroit en sécurité pour éviter l'infection, ils doivent probablement aller là-bas", a-t-il déclaré auprès de l'agence de presse Bloomberg.

Pour rappel, le moment où une population atteint ce qu'on appelle "l'immunité collective", c'est quand le pourcentage de personnes qui sont immunisées contre le virus est suffisamment important pour que la population soit protégée du virus. Concrètement, si une personne contaminée arrive, elle ne pourra pas transmettre le virus, car elle rencontrera trop de personnes déjà immunisées. 

La meilleure solution pour l'atteindre, c'est la vaccination. Mais si le fait d'avoir déjà eu la maladie fait qu'on ne peut pas l'attraper à nouveau, alors les contaminations naturelles peuvent elles aussi mener à l'immunité collective.

Un coût important en vies humaines

Dans le cas de Bombay, rien n'est certain. Pour l'épidémiologiste américain David Dowdy, interrogé par CNN, les chercheurs indiens ont utilisé un test qui crée beaucoup de faux positifs. Il n'y aurait donc en vérité pas autant de personnes contaminées. 

D'autres scientifiques remettent en question le principe même de l'immunité dans le cas du coronavirus. Selon eux, le fait d'avoir déjà eu le virus ne protégerait pas suffisamment, et il serait possible d'être contaminé deux fois.

Avant de se réjouir, il faut aussi réaliser que le principal problème de l'immunité collective, c'est qu'elle peut avoir un coût important en terme de vies humaines. Avec un aussi grand nombre de personnes infectées, le nombre de morts augmente aussi significativement. 

Ainsi, le Royaume-Uni, qui avait choisi de favoriser cette méthode au début de l'épidémie, est finalement revenu sur sa décision et a à son tour confiné sa population. En Inde, plus de 47.000 personnes sont déjà mortes de la Covid-19.

Coline Daclin, RTL.fr le 13 août 2020