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Bhopal: l'Inde revient à la charge auprès des Etats-Unis


 

L'Inde a décidé jeudi de nouvelles mesures pour réparer les conséquences de la catastrophe industrielle de Bhopal en 1984, qui avait fait plus de 25.000 morts. New Delhi va notamment tenter d'obtenir des Etats-Unis l'extradition de l'ancien PDG d'Union Carbide, l'Américain Warren Anderson.

 

 

L'Inde compte rassembler de nouvelles preuves à l'encontre de Warren Anderson, qui dirigeait Union Carbide au moment de l'accident à l'usine de Bhopal (centre de l'Inde), afin de revenir à la charge pour demander son extradition au gouvernement américain, bien que de précédentes demandes n'aient pas abouti, a déclaré à la presse le ministre de l'Information Ambika Soni.

Le gouvernement va aussi saisir la Cour Suprême afin que les chefs d'accusation à l'encontre des anciens dirigeants de l'usine de pesticides de Bhopal soient revus à la hausse.

La justice indienne a condamné début juin à deux ans de prison les anciens dirigeants locaux de l'usine de pesticides d'où s'était échappé un nuage de gaz toxique, provoquant le pire accident de l'histoire industrielle mondiale. Huit personnes ont été reconnues coupables de "mort par négligence", dont Keshub Mahindra, ancien président de la branche indienne d'Union Carbide, propriétaire de l'usine.

Warren Anderson figurait parmi les accusés, mais n'a pas été nommé lors du verdict après que la cour l'eut déclaré "en fuite". Il vit aujourd'hui dans une banlieue de New York. Le gouvernement a également adopté des mesures d'un coût total de 1,28 milliards de roupies (276 millions de dollars): nettoyage du site pollué, augmentation des compensations aux victimes, amélioration des services hospitaliers de la région et création d'un centre de recherche à Bhopal.

De nouveaux fonds fédéraux sont prévus pour doubler les compensations aux familles des morts et aux victimes dont la santé a été affectée. Plus de 45.000 victimes grièvement affectées vont recevoir des compensations supplémentaires, a précisé M. Soni.

Le gouvernement va également tenter d'obtenir davantage de compensations de Union Carbide, bien que la firme appartienne aujourd'hui à Dow Chemical. Union Carbide avait conclu avec l'Inde en 1989 un arrangement d'un montant de 470 millions de dollars, qui dégageait la firme de toute responsabilité ultérieure pour les frais médicaux des victimes et le coût de la dépollution. Dow Chemical a cependant rejeté toute responsabilité légale pour la catastrophe.

 

AFP, in Aujourd'hui l'Inde, le 25 juin 2010.