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L'Union européenne cherche à nouer des relations internationales privilégiées avec le géant émergeant qu'est l'Inde.

 

Ursula von der Leyen et Charles Michel après leur entretien avec Narendra Nodi, premier ministre indien, le 15 juillet 2020. YVES HERMAN / AFP

 

Les dirigeants de l'UE et le Premier ministre indien se sont engagés, ce mercredi 15 juillet, à développer leurs relations commerciales pour faire face à la crise économique causée par la pandémie du Covid-19 et à la montée des tensions avec la Chine. Les présidents des institutions européennes Charles Michel et Ursula von der Leyen se sont entretenus par vidéoconférence avec Narendra Modi et sont convenus d'engager un dialogue commercial au niveau ministériel.

Les échanges commerciaux bilatéraux ont totalisé 115 milliards de dollars en 2019 (101 mds EUR au cours actuel), mais les négociations pour conclure un accord commercial préférentiel ont peu progressé. Le géant émergent qu'est l'Inde défend son droit à commercer de manière indépendante dans le cadre des règles mondiales, lorsque l'Union européenne cherche avec ses accords commerciaux à lier ses partenaires et à les engager sur des normes mutuelles plus strictes.

«Maintenir la paix, la stabilité, la sûreté et la sécurité»

Mais New Delhi et Bruxelles reconnaissent leur intérêt mutuel face à une Chine de plus en plus affirmée et à l'effondrement économique mondial qui se profile à l'horizon, soulignent les analystes. «L'Union européenne est le plus grand partenaire commercial de l'Inde et le plus grand investisseur en Inde», a déclaré la présidente de la Commission après le sommet virtuel. «Pourtant, notre relation globale en matière de commerce et d'investissement n'a pas encore atteint son plein potentiel», a-t-elle souligné.

«La réunion a clairement montré que l'UE et l'Inde souhaitent toutes deux renforcer leurs relations stratégiques pour l'avenir», a pour sa part commenté le président du Conseil européen Charles Michel. «L'un des résultats les plus importants a été la mise en place de ce dialogue de haut niveau sur les relations en matière de commerce et d'investissement», a souligné un fonctionnaire du ministère des affaires étrangères indien, Vikas Swarup, à l'issue de la vidéoconférence.

«Les deux parties ont exprimé leurs engagements et ont convenu d’œuvrer pour un accord de commerce et d'investissement équilibré, ambitieux et mutuellement bénéfique», a-t-il ajouté. Le défi posé par la Chine n'a pas été abordé directement, mais la feuille de route pour le partenariat stratégique Inde-UE publiée après le sommet insiste sur la volonté des deux partenaires de «travailler ensemble pour maintenir la paix, la stabilité, la sûreté et la sécurité, en particulier dans l'océan Indien et le Pacifique, en coopérant pour préserver la liberté, l'ouverture et une approche inclusive dans le domaine maritime».

La Chine a des revendications territoriales ambitieuses et contestées dans le Pacifique et s'est brouillée avec de nombreux partenaires. L'Europe a dénoncé l'imposition par Pékin d'une nouvelle loi de sécurité sur son territoire autonome de Hong Kong et a reporté un sommet prévu avec le président Xi Jinping. Les relations entre la Chine et l'Inde se sont tendues après un affrontement frontalier meurtrier le mois dernier entre les forces indiennes et chinoises.

AFP, in Le Figaro.fr le 15 juillet 2020