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Lancé le 28 mars 2020 par le Premier ministre indien, le fonds aurait permis de récolter 1,2 milliard d’euros. Problème : personne n’en a vu la couleur et ses donateurs demeurent discrets.

Narenda Modi, le Premier ministre indien, le 14 mai 2020, lorsqu’il annonçait le prolongement du confinement de l’Inde.Narenda Modi, le Premier ministre indien, le 14 mai 2020, lorsqu’il annonçait le prolongement du confinement de l’Inde. | HANDOUT, AFP

 

Il devait unir les Indiens dans la lutte contre le Covid-19 mais se transforme en scandale national. Le fonds d’urgence lancé le 28 mars 2020 par le Premier ministre indien Narendra Modi (BJP, droite nationaliste) est critiqué en raison de sa gestion opaque. Impossible de connaître le montant précis des sommes collectées, alors même que de nombreux Indiens et plusieurs entreprises publiques y ont participé. Les dernières estimations remontent à mai et se chiffrent à plus de 1,2 milliard d’euros.

Impossible également de savoir à quoi l’argent a été affecté. Aucun des vingt-huit États et huit territoires de l’Union n’en a vu la couleur.  Le gouvernement a commandé 14 000 respirateurs. Seuls 1 300 sont arrivés. Chaque ventilateur a coûté 5 000 € quand on peut en trouver pour 2 000 € »,dénonce Saral Patel, responsable des réseaux sociaux du Congrès, le principal parti d’opposition.

Des entreprises chinoises donatrices ?

De plus, cette commande ne représente qu’une petite partie des sommes recueillies. De quoi alimenter toutes les suspicions, y compris celles de détournement.  Pourquoi ne pas communiquer sur l’utilisation du fonds ? , demande Saral Patel. S’il était vraiment utilisé pour la lutte contre le Covid-19, le gouvernement aurait tout intérêt à le faire ! 

 Où est passé l’argent ? », questionne avec insistance l’opposition, qui réclame un audit auprès du comité des finances publiques indien. Des éclaircissements pour l’instant refusés par le BJP, au motif que ce fonds n’est pas public.

Le gouvernement est également sommé de révéler les noms des généreux donateurs. Des entreprises chinoises telles que Huawei, Xiaomi et TikTok y auraient contribué. Des soutiens assez malvenus dans le contexte actuel de tensions entre la Chine et l’Inde, après les affrontements entre les deux pays dans le Ladakh, dans la nuit du 15 au 16 juin 2020, qui ont fait une vingtaine de morts côté indien. Le gouvernement Modi a appelé à boycotter les produits chinois, cinquante-neuf applications du rival asiatique ont été bannies, dont TikTok.

Côme Bastin, Ouest-France.fgrle 12/07/2020 

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