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Catégorie : Actualité du C.I.D.I.F

 

 

L'Inde a décidé d'interdire aux membres de la Commission américaine pour la liberté de religion internationale (USCIRF) de visiter son territoire après que l'organe consultatif bipartite du gouvernement américain a critiqué à plusieurs reprises New Delhi au sujet de sa prétendue persécution des musulmans.

 

Les autorités indiennes rejettent les accusations, qualifiant l'approche du panel «biaisé» et "partial." Dans une lettre divulguée le 1er juin du ministre des Affaires étrangères Subrahmanyam Jaishankar à un député, le ministre a soutenu que New Delhi "Ne voit pas le locus standi" d’une entité étrangère telle que le panel américain, qui lui permettrait de porter un jugement sur l’état des libertés religieuses des Indiens et «Droits protégés par la Constitution».

L'USCIRF est connu pour faire des observations partiales, inexactes et trompeuses concernant l'état de la liberté religieuse en Inde. Nous ne prenons pas connaissance de ces déclarations et avons répudié de telles tentatives de dénaturation des informations relatives à l'Inde.

La nouvelle est venue lorsque l'USCIRF a publié son rapport 2019 sur la liberté religieuse internationale. Publié mercredi par le secrétaire d'État Mike Pompeo, le rapport fustige l'Inde pour son incapacité à mettre fin aux attaques de la foule contre les minorités religieuses et pour avoir permis diverses formes de discrimination, citant principalement des données fournies par diverses ONG. Il souligne également la décision de New Delhi de révoquer le statut spécial de l’État contesté du Jammu-et-Cachemire, ainsi que l’adoption du controversé Citizenship Amendment Bill (CAB), qui, selon lui, est discriminatoire à l’égard des musulmans.

Le projet de loi sur la citoyenneté est devenu une pierre d'achoppement particulière dans les relations entre les deux nations. En avril, l'USCIRF a recommandé d'inclure l'Inde sur une liste de nations à «Préoccupation particulière» – quelque chose qu'il a déjà fait en 2001, 2002, 2003, 2004, 2009 et 2010. Le ministère indien des Affaires étrangères a riposté en disant qu'il considérerait le panel américain comme "Une organisation particulièrement préoccupante et la traitera en conséquence."

Il a également publié une déclaration accablante critiquant le dernier rapport international sur la liberté de religion. «Nous rejetons les observations sur l'Inde dans le rapport annuel de l'USCIRF. Ses commentaires tendancieux et tendancieux contre l'Inde ne sont pas nouveaux. Mais à cette occasion, sa déformation a atteint de nouveaux niveaux », a déclaré le porte-parole du ministère, Anurag Srivastava.

L'ambassadeur des États-Unis au sens large pour la liberté de religion internationale, Samuel Brownback, a apparemment cherché à apaiser les tensions après la publication du rapport en disant que l'Inde avait "Historiquement, il a juste été un pays de religions très tolérant et respectueux de toutes les religions" et a appelé à un «Dialogue interreligieux». Cependant, il a également déclaré que Washington reste "Très préoccupé par ce qui se passe en Inde."

 

News-24.fr le 11 juin 2020