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Cette semaine, le journal pakistanais Dawn s’est fait l’écho d’une requête un peu particulière. Un Pakistanais a demandé au Premier ministre indien, Narendra Modi, de libérer son pigeon voyageur, capturé par les autorités de l’État indien du Cachemire, juste de l’autre côté de la frontière. La raison ? L’oiseau est suspecté d’espionnage.

Au Cachemire, James Bond est un pigeon. Cela peut faire sourire. Pourtant, l’histoire n’est pas une plaisanterie. Depuis 1971, l’Inde et le Pakistan revendiquent ce territoire.

Régulièrement, des combats armés éclatent. Parfois, l’un des deux camps menace de sortir l’arme nucléaire, dont ils disposent tous deux. La situation est donc plus que tendue.

 

Depuis quelques années, le Pakistan emploie des méthodes anciennes qui ont fait leurs preuves pour accéder au Cachemire indien, par la voie des airs. Et pas avec n’importe quel espion. L’agent 007 pakistanais a des plumes, un bec et un message à la patte. Dans cette région du globe, le pigeon voyageur est encore utilisé comme moyen de transmission par les services secrets.

Et ce lundi 25 mai, un pigeon a justement été capturé par des villageois du Cachemire. Le volatile a été intercepté à quelques kilomètres de la frontière pakistanaise et remis aux autorités indiennes.

Un message ayant été découvert, accroché à sa patte, l’oiseau a été placé en détention. Et la police indienne s’est mis en tête de déchiffrer le mystérieux message dont il était porteur.

Le numéro de téléphone du propriétaire ?

Ce mercredi 27 mai, le quotidien pakistanais Dawn a retrouvé le propriétaire du pigeon voyageur capturé en Inde. Il s’agit d’un dénommé Hibibullah, qui explique, dans les colonnes du journal, avoir lâché le pigeon le dimanche de l’Aïd, pour fêter la fin du ramadan. Surtout, il a donné une explication assez claire au sujet du message accroché à la patte de l’animal : il s’agirait, tout simplement, de son numéro de téléphone. Un moyen pour lui de s’assurer du retour de son pigeon en cas de perte.

Le Pakistanais a profité de cette tribune pour interpeller le Premier ministre indien et lui demander de relâcher son pigeon, afin que l’oiseau rentre de lui-même chez lui. L’homme possède, par ailleurs, onze autres pigeons voyageurs. Mais pour l’heure, Narendra Modi, n’a pas répondu favorablement à cette demande de libération.

La raison ? Il y a eu plusieurs précédents d’espionnage avec des pigeons au Cachemire.

Des espions volants

Déjà en 2015, un premier pigeon voyageur venu du Pakistan avait été confisqué après avoir été capturé dans un village du Cachemire. L’année suivante, en 2016, un autre oiseau avait été saisi : le message qu’il portait à la patte était une menace à l’encontre du Premier ministre indien.

Autant de précédents qui ne plaident pas en faveur de Hibibullah. Ni de son protégé à plumes.

Sacha Martinez, Ouest-France.fr le 28 mai 2020.