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Catégorie : Actualité du C.I.D.I.F

 

 

L’employé d’une échoppe de Ghaziabad, à l’est de New Delhi, désinfecte les mains des clients avant de les laisser faire leurs achats, le 6 mai. Prakash Singh / AFPL’employé d’une échoppe de Ghaziabad, à l’est de New Delhi, désinfecte les mains des clients avant de les laisser faire leurs achats, le 6 mai. Prakash Singh / AFP

 

Alors que le nombre de cas de Covid-19 augmente de plus en plus vite dans le sous-continent, l’État d’Uttar Pradesh instaure des peines extrêmement sévères à l’encontre de ceux qui transmettraient délibérément la maladie.

L’Uttar Pradesh, l’État le plus peuplé de l’Inde avec ses 200 millions d’habitants, confirme son goût pour la répression, même en pleine pandémie. Dirigé par un moine hindou fanatique, son gouvernement s’était déjà distingué en décembre en laissant la police tirer sur la foule qui manifestait contre la politique anti-musulmane menée par les nationalistes hindous au pouvoir.

Voilà qu’il souhaite jeter en prison les personnes qu’il estime responsables de la propagation du Covid-19, la maladie provoquée par le nouveau coronavirus. “Une ordonnance adoptée mercredi 6 mai prévoit de punir de deux à cinq ans de réclusion toute personne contaminée qui en affecte intentionnellement une autre”, indique l’Indian Express.

Jusqu’à la perpétuité en cas de décès

Et si la victime présumée finit par mourir, celui ou celle par qui la contagion est arrivée sera condamné(e) à une amende “comprise entre 300000 et 500000 roupies” (entre 3691 et 6152 euros) et “devra être emprisonné(e) pour une période allant de sept ans à la perpétuité”.

Dans cette région nord du sous-continent, d’autres peines, plus légères, sont également prévues à l’encontre de tous ceux qui seraient reconnus coupables d’avoir “dissimulé” leur propre contagion ou d’avoir “emprunté les transports en commun” alors qu’ils se savaient contagieux.

Autres nouveautés : dorénavant, la justice poursuivra aussi tout individu “violant les règles de mise en quarantaine”, un délit passible d’un à trois ans de prison, ainsi que tout patient “qui s’échapperait de l’hôpital”, un acte conduisant à une incarcération pendant un à deux ans.

Prison aussi en cas d’agression du personnel soignant

Enfin, de même qu’au niveau fédéral le gouvernement Modi a durci les peines à l’encontre de tous ceux qui s’en prennent au personnel soignant, pratique courante en Inde lors d’un décès, l’Uttar Pradesh prévient que “le fait de cracher sur un médecin ou d’en venir aux mains avec un pharmacien” conduira à passer sept ans derrière les barreaux.

Jeudi 7 mai, l’Inde comptait officiellement 51168 cas de contamination et déplorait 1783 morts de l’épidémie.

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The Indian Express-Bombay le 7 mai 2020, in Courrier International.com