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L'Inde retrouve sa croissance d'avant la crise


Un employé de Volkswagen à Chakan.

Un employé de Volkswagen à Chakan. Crédits photo : Abaca
 

En 2010, le PIB devrait bondir de 8,5 %. Si l'Inde semble insensible à la crise de la zone euro,  l'inflation et le chômage pèsent sur ses performances économiques.  

Alors que l'Inde avait vu sa croissance ralentir à 6,7 % en 2008-2009, la troisième puissance économique d'Asie, après le Japon et la Chine, a rebondi de 7,4 % en 2009-2010, année fiscale terminée le 31 mars dernier. Elle devrait passer à 8,5 % l'an prochain, assure le ministre indien des Finances, Pranab Mukherjee, renouant presque avec ses meilleurs résultats d'avant la crise, lorsque son PIB (produit intérieur brut) augmentait de 9 % par an.

Fin mars, la production industrielle du pays enregistrait un bond en avant de 13,5 % par rapport au même mois de l'an dernier, confirmant une embellie particulièrement marquée dans les secteurs des infrastructures, de la construction, de l'énergie et des transports. Mais l'Inde attire tout le monde et s'affirme de plus en plus comme l'un des deux principaux moteurs de la reprise mondiale, avec la Chine, ce que confirme le Fonds monétaire international (FMI).

Carrefour y prépare l'ouverture de cinq magasins de gros, Renault et Nissan vont y sortir deux nouveaux modèles qu'ils veulent révolutionnaires, Alcatel-Lucent, Ericsson, Nokia s'attaquent au formidable marché des télécommunications que représente ce pays de 1,2 milliard d'habitants, l'américain Abbott se lance à l'assaut de la pharmacie avec un chèque de près de 3 milliards d'euros.

 

Une inflation galopante 

D'ici à 2014, les technologies de l'information et de la communication vont exploser en Inde de 15,5 % chaque année, prédit l'assureur-crédit Euler Hermes, qui rappelle qu'elle est de longue date très performante dans les métiers de l'informatique.

Revers de la médaille, ce pays qui doit lutter plus efficacement qu'il ne le fait contre la pauvreté et le chômage est confronté à une inflation galopante qu'il n'arrive pas à maîtriser. En avril dernier, les prix à la consommation se sont envolés de 16,8 % par rapport à avril 2009. Les céréales, le riz, les lentilles, le sucre, toutes ces denrées de base deviennent inabordables. La banque centrale a relevé deux fois en un mois ses principaux taux d'intérêt pour l'endiguer, mais en vain.

Malgré les performances économiques de l'Inde, les problèmes sociaux pèsent lourd dans les décisions que doit prendre le gouvernement afin de réduire en douceur le plan de soutien qu'il a mis en place il y a deux ans pour faire face à la crise financière mondiale.

Réduction que réclame la Banque asiatique de développement (BAD) qui estime que «des stratégies de sortie, bien calibrées et opportunément mises en œuvre sont désormais choses cruciales».

 

Arnaud Rodier, Le Figaro, le 31 mai 2010.