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« Plongeon historique des cours de l’huile de palme en Malaisie »

Ce mardi, les cours de l'huile de palme ont enregistré un repli historique de 10 %, a souligné le cabinet Agritel. Au cours des derniers mois, le palme a été le facteur principal dans l'évolution des cours des oléagineux. La chute impacte ainsi les agriculteurs français, puisque le colza, particulièrement dépendant du cours des huiles, recule de ce fait lui aussi.

 

Graines de palmier à huileLes cours de l'huile de palme ont enregistré un recul historique de 10 % ce mardi. (©Pixabay)

« Considérée comme le facteur principal dans l’évolution des cours des oléagineux ces derniers mois, l’huile de palme n’en finit plus de surprendre », indique Agritel dans un communiqué paru ce 28 janvier. « Les cours ont soudainement chuté de 10 % ce mardi, enregistrant leur plus importante baisse quotidienne depuis près de 11 ans ! », déclare Arthur Portier, consultant chez Agritel. Or, « l’effondrement des cours du palme n’est pas sans conséquence pour les agriculteurs français, puisque le colza est particulièrement dépendant des cours des huiles ». En l’espace de deux semaines, depuis que l’huile de palme a entamé son recul, « les cours du colza sur Euronext ont perdu 23 €/t, soit un repli de plus de 5 % ».

C’est la combinaison de deux « causes majeures » qui serait à l’origine de l’importante chute des cours de l’huile de palme.

Le premier élément en cause : le boycott indien de l’huile de palme malaisienne. Le gouvernement indien avait pris cette décision au début du mois, à la suite des critiques du premier ministre malaisien concernant la nouvelle loi indienne sur la citoyenneté, qui exclut les sans-papiers de confession musulmane des régularisations accordées par l'administration du pays. En septembre dernier, la Malaisie avait déjà émis des critiques sur la politique indienne au Cachemire, en évoquant une région « envahie et occupée » par l'Inde. La colère est donc montée progressivement chez les Indiens et a fini par conduire à une mesure radicale : le boycott. « Alors que sur l’année 2019, 24 % de la production malaisienne a été exportée vers l’Inde, il n’en fallait pas plus pour affoler ce marché », explique l’expert.

Le coronavirus semble être la deuxième cause. Face à la propagation du virus, les opérateurs de l’ensemble des matières premières sont inquiets. « Le risque d’un ralentissement de la croissance mondiale et la limitation des échanges a d’ailleurs engendré une baisse des différentes bourses et du pétrole cette semaine ». Un ralentissement de la demande chinoise, anticipé par les opérateurs, serait « un nouveau coup de massue pour la Malaisie, déjà pénalisée par l’arrêt des achats indiens », explique Arthur Portier.

« Entre la guerre commerciale Chine/USA, le Brexit ou encore les tensions indiennes, les producteurs français sont de plus en plus dépendants des phénomènes géopolitiques », conclut l’expert.

Nathalie Wisotzki, Terre-Net.fr le 29 janvier 2020