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Le président brésilien, Jair Bolsonaro, à Brasilia le 15 janvier 2020.  REUTERS/Adriano MachadoLe président brésilien, Jair Bolsonaro, à Brasilia le 15 janvier 2020.  REUTERS/Adriano Machado

 

Le président brésilien est l’invité d’honneur du Premier ministre Narendra Modi à la parade du 26 janvier célébrant chaque année l’anniversaire de la Constitution indienne. Une visite qui divise la presse indienne.

Il y a ceux qui applaudissent à la venue de Jair Bolsonaro. Le président du Brésil sera l’invité d’honneur des festivités du Republic Day qui marqueront le 70e anniversaire de la Constitution de l’Inde à Delhi, dimanche 26 janvier. Après tout, rappelle l’Hindustan Times, le Brésil est “un partenaire de l’Inde depuis la fin de la guerre froide” et même “son plus proche allié au sein des BRICS” – ce groupe de grandes puissances émergentes qui réunit Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud.

Dans un monde marqué par une rivalité géopolitique accrue et une cohésion multilatérale réduite”, l’Inde de Narendra Modi tisse des liens profonds avec le Japon, la France, l’Indonésie et l’Australie. Pourquoi pas avec le Brésil? “Ce pays vaut plus que le football, estime le journal, et d’un point de vue économique, Jair Bolsonaro devrait prendre le rendez-vous “au sérieux”.

Et puis il y a ceux qui sont scandalisés par l’accueil en grande pompe du président brésilien, “un ancien militaire d’extrême droite favorable au lobby des armes à feu, homophobe”, qui n’a eu de cesse depuis son arrivée au pouvoir, en janvier 2019, “d’avoir des inclinaisons pro américaines et de mener une politique qui abîme la forêt amazonienne”, souligne The Hindu. Au cours de sa première année de mandat, Jair Bolsonaro “a rendu plus facile l’usage des terres des populations autochtones à des fins agro-industrielles, minières et d’élevage”, il a également “dénigré les militants de la lutte contre le réchauffement climatique comme Leonardo DiCaprio et Greta Thunberg, et comparé les communautés tribales vivant dans des zones jusqu’ici protégées “aux animaux des zoos”.

En vérité, affirme The Hindu, c’est “l’avenir des BRICS [qui] est en train de se jouer”. Cette alliance informelle offre à M. Bolsonaro “l’opportunité de briller aux côtés des dirigeants chinois, russes et indiens”, ce qui lui est sans doute utile au Brésil. Mais la déclaration finale de son dernier sommet à Brasilia, en novembre, “a habilement évité les pièges des idéologies contradictoires, tout en usant de formules d’auto-satisfecit que seuls les fonctionnaires du ministère indien des Affaires étrangères peuvent concevoir dans leur sommeil”. Et le quotidien de Madras de conclure : “Donald Trump doit se frotter les mains du traitement réservé à son alter ego brésilien. C’est peut-être d’ailleurs la principale raison pour laquelle Narendra Modi a invité Jair Bolsonaro” à parader avec lui ce dimanche.

 

Guillaume Delacroix, Courrier International.com le 25 janvier 2020.