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Un train déraille en Inde: 30 morts, les maoïstes soupçonnés



Dans cette image tirée de la télévision indienne,... (Photo: AFP)


Dans cette image tirée de la télévision indienne, des secouristes tentent de porter secours aux passagers du train qui a déraillé. Photo: AFP


Sadiha, Inde

Un train express a déraillé tôt vendredi dans l'est de l'Inde et s'est encastré dans un train de marchandises, faisant au moins 30 morts et de nombreux blessés, a-t-on appris auprès des autorités qui soupçonnent une attaque des rebelles maoïstes.

Le bilan officiel fait état d'au moins 15 morts mais un médecin soignant les blessés sur les lieux de l'accident a déclaré sur la chaîne de télévision NDTV qu'au moins 30 personnes avaient été tuées.

La ministre du gouvernement du Bengale occidental chargée des secours, Mortaja Hussain, a précisé que 13 wagons d'un train express en provenance de Calcutta et à destination de Bombay, rempli de passagers endormis, avait déraillé et qu'une centaine de passagers devaient encore être secourus.

La ministre des transports ferroviaires, Mamata Bannerjee, qui s'est rendue sur les lieux, a indiqué que des éléments de la voie ferrée avaient été ôtés.

«Nous craignons qu'il s'agisse d'une attaque maoïste», a-t-elle déclaré à la presse. «Les chemins de fer sont une cible facile», a-t-elle dénoncé.

L'accident s'est produit à environ 01h30 locale dans le district du West Midnapore, un bastion maoïste à environ 135 km à l'ouest de Calcutta, la capitale du Bengale occidental.

Les rebelles maoïstes sont actifs dans le nord et l'est du pays.

Le gouvernement a lancé il y a quelques mois une vaste opération dans six États impliquant 56 000 membres des forces paramilitaires appuyées par la police locale et baptisée «Chasse verte», en référence à la jungle dans laquelle ils se cachent, pour les déloger de leurs bastions.

Selon le premier ministre Manmohan Singh, la rébellion maoïste constitue la principale menace contre la sécurité intérieure du pays. Les rebelles contrôlent des territoires importants, notamment dans les régions rurales qui n'ont pas bénéficié du récent développement économique de l'Inde.

Ces guérilleros, qui seraient entre 10 000 et 20 000, disent lutter pour la défense des paysans sans terre et des minorités locales.

Voici dix jours, au moins 35 personnes ont été tuées lorsqu'un car qui transportait des civils et des policiers a sauté sur une mine dans un État du centre de l'Inde où la rébellion maoïste mène de sanglants attentats depuis plusieurs mois.

Plus de 600 personnes sont mortes l'an dernier dans des attaques attribuées aux maoïstes. Le gouvernement a interdit le mouvement en 2009, désormais officiellement qualifié de «terroriste».

 

Agence France-Presse, le 28 mai 2010.