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Catégorie : Actualité du C.I.D.I.F

Les grands groupes hôteliers parient sur l'Inde


 

L'Inde connaît actuellement un manque de chambres dans les hôtels. Pour répondre à la demande en constante augmentation, de nombreux groupes hôteliers investissent le marché indiens.

 


Environ 95 000 chambres d'hôtel supplémentaires devraient voir le jour dans les cinq ans à venir
 
 
Il faut des lits. En 2009, l'Inde a gagné trois places dans le classement mondial des destinations touristiques, passant au 62ème rang. Selon le ministère du tourisme indien, le nombre de touristes étrangers en Inde a augmenté de 16,4% entre 2009 et 2010. En parallèle, les Indiens eux aussi voyagent plus dans leur pays.

 

L'afflux de touristes pose certains problèmes notamment en ce qui concerne le logement. D'après une étude de la fédération des chambres de commerce et d'industrie indiennes, il faudrait investir 60.000 crore dans les cinq années à venir pour construire 150 000 chambres supplémentaires afin de répondre à la demande. “  En Inde, il y a un marché pour tous les joueurs. Le pays a toujours besoin de nombreuses chambres ”, a déclaré Kaushik Vardharajan, directeur exécutif de HVS global hospitality service, une entreprise de conseil pour les hôtels.

 

D'après HVS, environ 95 000 chambres sont attendues en Inde dans les cinq ans à venir. De nombreux groupes arrivent à grand pas sur le marché indien. ITC Ltd, le groupe Carlson ou encore Mövenpick hotel and Resort ont décidé de profiter d'un marché en pleine effervescence. La compagnie Hilton Worldwide a incité six de ses marques à s'introduire dans le pays. L'une d'entre elles, Waldorf Astoria prévoit de construire deux hôtels en Inde d'ici trois à cinq ans.

 

Le groupe Fairmont, affilié au fond souverain du Quatar, prévoit l'ouverture de 15 à 20 hôtels dans les trois ans à venir. Le Fairmont Hyderabad ouvre ses portes cette année et celui de Jaipur est attendu pour 2011. Construire des hôtels en Inde est une affaire de stratégie.  “ Avec le soutien du gouvernement du Quatar, nous voulons étendre notre activité dans le monde et l'Inde est une des destinations que nous voulons intégrer ”, a déclaré au qotidien Mint, Feisal Jaffer, le directeur de la stratégie et du développement de Fairmont.

 

La compagnie thailandaise Amari Hotel et Resort a aussi vue dans l'Inde une opportunité de prospérer. A la suite d'une joint venture avec Mandeep S. Lamba, elle a créé Amari India. “  L'Inde est déjà un marché phare pour les hôtels Amari en Thaïlande, et la reconnaissance de la marque y est très importante. A cela s'ajoute des affaires florissantes et une industrie hôtelière en plein essor, qui nous convainquent de pénétrer ce marché ”, a annoncé Peter Henley, le PDG d'Amari. La construction de sept hôtels quatre étoiles est donc prévue à proximité des principaux aéroports du pays dans les années à venir.

 

Autre intéressé par la prospérité du marché indien, le groupe hôtelier The Leela. Avec déjà 6 hôtels sur le sous-continent en 2010, il prévoit de doubler le nombre de ses établissements d'ici 2013. A New Delhi, l'hôtel est déjà en phase d'ouverture.

 

S'implanter en Inde, n'est pas toujours chose facile. Alors que la plupart des groupes recherchent des contrats de gestion  sans pour autant partager les frais d'investissement, certains groupes tels que Luxe ou Mövenpick rachêtent des entreprises pour avoir un point d'entrée rapide dans le pays.

 

Grâce à l'augmentation du parc hôtelier indien dans les prochaines années, les prix pourrait repartir à la baisse. Exorbitants dans certaines régions, ils sont parfois supérieurs aux tarifs occidentaux avant la crise financière.  D'après le Mint, à Bangalore, une chambre peut couter 600 dollars la nuit, plus chère qu'un logement comparable à Paris. “  Les prix n'étaient pas viables alors qu'aujourd'hui ce n'est plus le cas. Dans cinq ans, l'offre de lits doublera en Inde. Mais a mon avis, grâce à l'augmentation de l'offre hôtelière et si l'Inde améliore ses infrastructure et prend d'autres mesures tel que l'assouplissement de sa politique de visa, la demande va croitre comme c'est arrivé à Singapour. ” a déclaré  Feisal Jaffer.

 

Stéphane Stag, Aujourd'hui l'Inde, le 26 mai 2010.