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Des panneaux photovoltaïques dans le Gujarat, en Inde, le 2 juillet 2015. Photo Amit Dave / ReutersDes panneaux photovoltaïques dans le Gujarat, en Inde, le 2 juillet 2015. Photo Amit Dave / Reuters

 

Chaque jour durant la COP25 – qui se déroule à Madrid du 2 au 13 décembre –, découvrez une problématique climatique propre à un pays. Aujourd’hui, l’Inde. Le PIB indien ne progresse plus que de 4,5 % en rythme annuel actuellement, et la demande en électricité est en forte baisse. Résultat : bon nombre de projets basés sur les énergies renouvelables sont annulés.

Sous l’impulsion du gouvernement de Narendra Modi, au pouvoir depuis 2014, l’Inde développait jusqu’ici à grande vitesse l’électricité propre, solaire, éolienne et hydraulique. Lors de son passage au siège des Nations unies, fin septembre, le leader nationaliste avait même revu ses ambitions à la hausse, “en fixant à 450 gigawatts les capacités de production à partir d’énergies renouvelables à l’horizon de 2022”, rappelle le quotidien économique Mint. Pour mémoire, l’objectif initial du géant d’Asie du Sud était d’atteindre 175 gigawatts à cette date.

De retour à Delhi, le Premier ministre indien s’est toutefois rendu compte “que ses espoirs étaient en train de s’envoler” : les capacités installées pour produire de l’électricité “verte” dans le sous-continent s’établissent aujourd’hui à 65 gigawatts et ne devraient que péniblement franchir le seuil des 100 gigawatts en décembre 2022. Encore ces prévisions apparaissent-elles, désormais, “un peu trop optimistes”.

Premier problème rencontré par le solaire, secteur le plus prometteur des énergies renouvelables en Inde : le prix du kilowattheure, qui est là-bas “parmi les plus bas au monde”, remettant en cause la rentabilité des projets de fermes photovoltaïques. Les investisseurs se font de plus en plus rares, d’autant que leurs clients, les compagnies régionales de distribution d’électricité, mettent parfois “jusqu’à un an pour payer leurs factures”.

Un deuxième problème achève d’assombrir le contexte : le ralentissement général de l’économie. Alors qu’il caracolait à un rythme supérieur à 8 % en rythme annuel il y a encore un an, le PIB de l’Inde subit actuellement un coup de frein historique. Au deuxième trimestre 2019, il n’a progressé que de 5,1 %, et au troisième trimestre, selon les tout derniers chiffres officiels, son rythme de croissance est tombé à 4,5 %. Du jamais vu depuis 2013.

“L’énergie propre descend dans la liste des priorités”

“Si ce ralentissement persiste, les plans de transition énergétique de l’Inde vont se trouver remis en cause. L’énergie propre descend dans la liste des priorités et le pays risque de s’en soucier de moins en moins”, estime Ashwini K. Swain, directeur exécutif du Centre for Energy, Environment and Resources, à Delhi.

En fin de compte, une grande partie des difficultés rencontrées par les énergies renouvelables en Inde est due au fait que “le taux de croissance de la demande en électricité, en particulier de la part des industries à forte consommation d’énergie, est plus lent que ce que tout le monde avait prévu”. Selon l’autorité nationale de l’électricité, la progression de la demande “a ralenti à 4,4 % entre les mois d’avril et septembre, contre 6 %” sur la même période de 2018.

[Mint], le 25 novembre 2019

Courrier International.com le 11 décembre 2019

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Source : MINT New Delhi www.livemint.com/

Fondé en 2007 par HT Media Ltd, l’une des plus importantes sociétés multimédia indiennes, en collaboration avec The Wall Street Journal, le titre est le concurrent direct du plus vieux quotidien économique du pays : The Economic