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L'incendie s'est déclenché aux premières heures de la matinée dans un vieux quartier de la capitale. Les victimes sont des ouvriers qui dormaient.

 

Dans les rues de New Delhi dimanche 8 décembre. Les pompiers ont expliqué que les conditions d'accès au Bazar Sadar, un important marché de gros faiblement éclairé de la capitale, étaient très difficiles.

Dans les rues de New Delhi dimanche 8 décembre. Les pompiers ont expliqué que les
conditions d'accès au Bazar Sadar, un important marché de gros faiblement éclairé de la capitale,
étaient très difficiles. STR / AFP

Au moins 43 personnes sont mortes dimanche à New Delhi, piégées dans l'incendie dévastateur d'une usine de cartables où dormaient des ouvriers, dans un quartier ancien et surpeuplé de la capitale indienne.

L'incendie s'est déclenché aux premières heures à Sadar Bazar, un important marché de gros situé dans le nord de la capitale. Les victimes sont des «ouvriers qui dormaient à l'intérieur de ce bâtiment comprenant quatre ou cinq étages», a indiqué à l'AFP Sunil Choudhary, chef adjoint des pompiers de New Delhi.

Les victimes sont des «ouvriers qui dormaient à l'intérieur de ce bâtiment comprenant quatre ou cinq étages».Les victimes sont des «ouvriers qui dormaient à l'intérieur de ce bâtiment comprenant quatre ou cinq étages». STR / AFP

 

Plus de 150 pompiers ont combattu les flammes pendant près de cinq heures pour venir à bout du sinistre, selon l'agence Press Trust of India (PTI). Dans nombre de grandes villes indiennes, les usines et petites unités de fabrication sont situées dans des quartiers anciens et exigus, où le prix de l'immobilier est moins élevé. La nuit, ces bâtiments servent souvent de dortoirs pour les travailleurs pauvres, pour la plupart des migrants, qui parviennent ainsi à économiser de l'argent en dormant sur leur lieu de travail. Ce bâtiment abritait plusieurs unités de production fabriquant des cartables et des matériaux d'emballage notamment, ce qui n'a fait qu'aggraver l'incendie, ont affirmé des responsables indiens.

58 personnes secourues

La police et les pompiers ont affirmé qu'au moins 58 personnes avaient été secourues. Les soldats du feu ont toutefois eu des difficultés à atteindre les personnes piégées par les flammes, en raison de l'étroitesse des rues alentours. Selon des voisins, cet immeuble n'avait qu'une seule entrée principale et comprenait vingt pièces par étage, reliées à un escalier intérieur, rendant très difficile toute évacuation. «La plupart des victimes (...) sont mortes asphyxiées», a expliqué Monika Bhardwaj, adjointe au commissaire de police chargée du quartier nord de New Delhi.

Plusieurs témoins ont évoqué la présence au premier étage de l'immeuble de fils électriques non protégés. Certains affirment qu'ils pourraient être la cause de l'incendie qui se serait ensuite propagé à des blocs de mousse et du mobilier en plastique. Les raisons du départ de feu qui a abouti au pire incendie à New Delhi depuis la mort de 59 spectateurs dans un cinéma en 1997, sont toutefois encore inconnues, ont affirmé les autorités indiennes. Mais le directeur des services d'incendie de la ville a affirmé à l'agence PTI que le site n'était vraisemblablement pas en conformité avec les règles anti-incendie. Le propriétaire et le gérant de l'usine, qui fabriquait également des sacs et des vestes, ont pour l'heure été arrêtés, a affirmé la police à PTI.

Plusieurs membres des familles des victimes ont affirmé à l'AFP que les travailleurs étaient pour la plupart des ouvriers migrants venant de l'Etat de Bihar, l'une des régions les plus pauvres du pays. Certains étaient payés seulement 1.000 roupies, soit 14 dollars, par mois, ont-ils ajouté. Cet incendie «est particulièrement atroce. Mes pensées vont à ceux qui ont perdu des êtres chers», a déclaré le Premier ministre Narendra Modi sur Twitter. «Les autorités apportent toute l'aide possible sur les lieux de la tragédie », a-t-il ajouté.

 

AFP, in Le Figaro.fr le 8 décembre 2019