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Dans l’ombre du nouveau président nationaliste du Sri Lanka, Gotabaya Rajapaksa, alias Terminator, se tapit toute la fratrie… Comme autrefois. Portrait.

Le nouveau président sri-lankais Gotabaya Rajapaksa, 70 ans, a prêté serment, ce lundi 18 novembre, depuis le plus grand temple bouddhiste de l'île.Le nouveau président sri-lankais Gotabaya Rajapaksa, 70 ans, a prêté serment, ce lundi 18 novembre, depuis le plus grand temple bouddhiste de l'île. | EPA-EFE / STRAfficher le diaporama

 

Le discours est soporifique, la voix à peine audible… Mais le lieu parle pour lui. C’est depuis le plus grand temple du Sri Lanka que Gotabaya Rajapaksa, 70 ans, a prêté serment, ce lundi 18 novembre. Élu dimanche avec 52,25 % des suffrages, « Gota » se pose en protecteur de la majorité cinghalaise, bouddhiste. Comme avant lui Mahinda, son frère charismatique, qui a mené le pays à la dure, de 2005 à 2015.

Promesse de sécurité

Sorti du bois après les attentats djihadistes dans des églises et hôtels à Pâques (269 morts), Gota a joué les gros bras : il a promis la sécurité « à tout prix » dans une île déchirée par un regain de tensions ethniques et religieuses.Il sait y faire. Dès 2005, après une escapade informatique de sept ans à Los Angeles, où il a acquis la double nationalité, l’ex-lieutenant colonel a repris du service au pays. Propulsé au ministère de la Défense par son frère, il s’est mué en « héros » en mettant fin à 37 ans de guerre civile avec les rebelles séparatistes tamouls. Une paix chère payée : 40 000 Tamouls ont péri en 2009, selon l’Onu.

Adulé par la Chine, décrié par l’Occident, Gota, rebaptisé Terminator, est accusé de crimes de guerre et de corruption. Il aurait aussi dirigé les « escadrons de la mort » qui ont enlevé et tué des dizaines d’opposants et de journalistes.

Son élection n’augure rien de bon pour les minorités tamoules et musulmanes. D’autant que Gota, fils de politicien, entend remettre en selle sa tribu nationaliste. Parmi ses huit frères et sœurs : Mahinda est pressenti Premier ministre, après les législatives de 2020. Chamal se voit président du Parlement, comme en 2015. Un quatrième frère se représentera comme député ; un cinquième, ex-ministre, se reprend aussi à rêver…

 

Cécile Réto, Ouest-France.fr le 19 novembre 2019.