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Photo crédit : Instagram thaipbsworld

 

Lundi, à Bangkok, le Premier ministre, Narendra Modi, a déclaré que sa conscience, guidée par la mémoire de Gandhi, ne lui permettait pas de signer l’accord commercial entre les pays asiatiques, l’Australie et la Nouvelle Zélande : le RCEP (Regional Comprehensive Economic Partnership). Cet accord devait permettre la création du plus grand marché commercial du monde, couvrant 50% de la population mondiale et plus d’un tiers du PNB et du commerce mondial. Sans l’Inde, deuxième pays le plus peuplé au monde, sa taille se réduit à moins du tiers de la population mondiale et environ le tiers du commerce global.

Le partenariat économique régional (Regional Comprehensive Economic Partnership - RCEP), est un projet d'accord de libre-échange entre 16 pays autour de l'océan Pacifique. Il inclut les 10 pays membres de l'ASEAN : la Birmanie, le Brunei, le Cambodge, l'Indonésie, le Laos, la Malaisie, les Philippines, Singapour, la Thaïlande et le Vietnam ainsi que six autres pays qui possèdent déjà un accord de libre-échange bilatéral avec l'ASEAN, l'Australie, la Chine, l'Inde, le Japon, la Corée du Sud et la Nouvelle-Zélande. Les négociations de cet accord ont démarré en novembre 2012 lors d’un sommet au Cambodge.

 

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Les pays partenaires du RCEP sans l'Inde - Wikipedia 

 

Narendra Modi a évoqué sa conscience et la mémoire du Mahatma Gandhi comme les raisons principales de son retrait : il a déclaré avoir été guidé par l’impact qu’aurait eu l’accord sur la vie des personnes les plus pauvres de la nation, comme l’aurait fait le Mahatma. Il considère que l’Inde n’est pas prête à recevoir une arrivée massive de produits en provenance de la Chine et, plus particulièrement, dans le secteur de l’agriculture. 

 

Comme le fait remarquer “The wire”, en invoquant Gandhi, Narendra Modi a tenté de cacher les faiblesses structurelles de l'économie indienne et son manque de confiance dans la capacité actuelle de son pays d'intégrer un tel accord commercial de manière profitable. Le journaliste ajoute : “Si on veut être franc, il faut reconnaître que la rhétorique du gouvernement qui présente l’Inde comme une puissance économique majeure ne fait pas le poids sur le terrain. Cela pose un dilemme au pays lorsqu'il s’agit de prendre part au RCEP qui devrait être un accord positif pour tous les partenaires.”

 

RCEP retrait Inde ChineL'identifiant du RCEP avant le retrait de l'Inde

 

 

Le “Times of India” précise que le gouvernement va continuer à travailler sur des accords commerciaux bilatéraux avec certains des pays adhérents au RCEP, notamment l’Australie et la Nouvelle Zélande, ainsi que sur l’accord avec l’Union Européenne qui n’a pas beaucoup progressé. La république de Maurice est aussi sur la liste de travail du gouvernement Modi, un accord commercial avec cette île permettrait à l’Inde de se rapprocher de l’Afrique, continent dans lequel la Chine investit massivement.

 

Le Petit Journal.com Bombay le 5 novembre 2019

Pour plus de détails sur le RCEP, lire l’article du site lepetitjournal.com Bangkok : A Bangkok, 15 pays avancent sur l’accord commercial RCEP, sans l’Inde