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mediaLe ministre de l'Intérieur indien Amit Shah, ici le 24 août 2019 a relancé le débat épineux sur l'unification linguistique du pays/NOAH SEELAM / AFP

 

Le ministre indien de l’Intérieur a relancé le vif débat de l’unification linguistique du pays, en affirmant que l’hindi devait devenir la langue nationale indienne, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

L’Inde est une mosaïque de cultures et de dialectes. Le pays compte 122 langues principales, qui ont des alphabets et des origines différents. Ce qui rend ce pays plus hétéroclite que l’Europe. Pour respecter cette diversité, il n’y a pas de langue nationale, mais deux langues officielles d’usage, l’hindi et l’anglais.

Le parti nationaliste hindou au pouvoir a toutefois comme ambition d’unifier l’Inde selon le modèle du Nord et d’en faire un pays hindou et hindiphone. « Il est essentiel que tout le pays compte une langue qui deviennent l’identité de la nation, vient de lancer le ministre de l’Intérieur, Amit ShahEt cette langue ne peut être que l’hindi, qui est la plus parlée. »

45 % des Indiens parlent hindi

Un vrai outrage pour les dirigeants régionaux. « Ceci est absurde, s’est insurgé le chef du gouvernement du Kerala. L’hindi n’unifie pas les Indiens car ce n’est pas la langue parlée par la majorité. Ceci est une déclaration de guerre ».

Même position au sud-est du pays. « Seulement 45% des Indiens parlent hindi », rappelle un dirigeant du Tamil Nadu. En juin dernier, New Delhi a déjà essayé d’imposer l’apprentissage de l’hindi dans tout le pays, avant de devoir retirer ce projet à cause d’une opposition similaire.

Sébastien Farcis, RFI.fr le 15septembre 2019.