Blue Flower

 

Dans le monde anglo-saxon, nombreux sont les parents qui font faire les devoirs de leurs enfants au Kenya, en Inde ou en Ukraine, explique le « New York Times ».

 

Des entreprises ont vu le jour a l'etranger pour repondre a cette demande (illustration).Des entreprises ont vu le jour à l'étranger pour répondre à cette demande (illustration). © Emma Kim / Cultura Creative

 

Vos enfants rentrent de l'école. Plutôt que de se mettre à faire les devoirs qui leur ont été demandés ce jour-là, ils se connectent à un site web et demandent à une entreprise située à l'autre bout du monde de les faire pour eux. Si le principe peut sembler totalement ubuesque, la pratique est désormais répandue auprès de certains étudiants américains, britanniques ou australiens. Les étudiants y sous-traitent leurs travaux scolaires à des travailleurs diplômés qui vivent au Kenya, en Inde ou encore en Ukraine, dévoile le New York Times.

Le quotidien américain parle d'un marché de plusieurs millions de dissertations. Conséquence logique, la pratique qui existe déjà depuis au moins une dizaine d'années s'est professionnalisée. Les entreprises proposent désormais des « hotlines » afin d'avoir une réponse immédiate ou encore une garantie « satisfait ou remboursé ». Surtout, cela fait vivre un très large public. Ainsi, un groupe Facebook dédié au Kenya compterait plus de 50 000 personnes, avec des revenus pouvant aller de quelques centaines à plusieurs milliers de dollars par mois.

En France aussi

À noter que le service existe aussi... en France. En 2017, le site Bonnenote.fr, devenu depuis My Studies, faisait hurler les enseignants avec le même principe, pour des tarifs qui sont toutefois souvent plus élevés. Face aux critiques, le site s'est toutefois réfugié derrière un mot d'excuse. On peut ainsi y lire que « les documents commandés sur MyStudies.com sont des modèles qui doivent être utilisés en référence appropriée et qui ne peuvent donc pas être rendus en l'état à un établissement scolaire ou universitaire ». D'autres sites comme Redaxio.fr, Expertmemoire.com ou encore edevoir.com proposent aussi le même genre de services, à chaque fois pensés pour un public spécifique.

En France et dans le monde anglophone, les écoles font face aux mêmes défis face à ces pratiques. Si des outils ont été déployés pour détecter les plagiats, face à la sous-traitance scolaire, les options sont plus limitées. La solution, selon Forbes, pourrait bien se trouver dans Autorship Investigation, un outil capable d'analyser le style des phrases, le vocabulaire ou encore la ponctuation pour déterminer l'auteur réel d'un texte.

Le Point.fr le 11 septembre 2019.