Blue Flower

 

Des dizaines de milliers de soldats supplémentaires ont été envoyés au Cachemire, les autorités indiennes craignant des manifestations de masse après la révocation de l'autonomie.

Les forces indiennes au Cachemire ont été placées en alerte maximale vendredi. Elles redoutaient «des manifestations de masse» et des troubles après les prières musulmanes du vendredi, a indiqué un responsable de la sécurité à Srinagar, cité par l'agence indienne PTI.

La situation est tendue en raison de la décision prise lundi par New Delhi de révoquer l'autonomie constitutionnelle de la partie du Cachemire qu'elle contrôle. Les autorités ont cependant assoupli le couvre-feu pour permettre aux fidèles de se rendre à la prière du vendredi.

https://files.newsnetz.ch/upload//2/4/248073.jpg

La population a été autorisée à se rendre uniquement dans les mosquées «de leur voisinage», a déclaré à l'AFP le directeur général de la police du Cachemire, Dilbag Singh.

«Des soldats partout»

La grande mosquée Jama Masjid de Srinagar - théâtre traditionnel de manifestations séparatistes et qui peut abriter plus de 30'000 fidèles - est en revanche restée fermée, ont indiqué des habitants à l'AFP. «C'est tendu», a dit l'un d'eux après s'en être approché. «Il y a des soldats partout».

Des dizaines de milliers de soldats supplémentaires ont été envoyés dans la région pour surveiller la mise en oeuvre de la décision du Premier ministre indien Narendra Modi, condamnée par le Pakistan et certains responsables de l'opposition indienne.

Avant même ces renforts, environ un demi-million de soldats étaient stationnés au Cachemire, pour combattre une rébellion vieille de 30 ans. En dépit de cette présence sécuritaire, des manifestations sporadiques ont été signalées ces derniers jours à Srinagar et dans la région du Ladakh, proche du Tibet, que le gouvernement indien vient de décider de séparer de son Etat du Jammu-et-Cachemire.

Discussions à Pékin

A Islamabad, capitale du Pakistan voisin, quelque 3000 personnes ont participé vendredi à une «marche pour sauver le Cachemire», sous forte présence policière mais sans qu'aucun incident soit signalé. Certains scandaient des slogans tels que «Le Cachemire deviendra le Pakistan».

Signe des préoccupations internationales engendrées par la décision du gouvernement indien, le ministre pakistanais des Affaires étrangères Shah Mahmood Qureshi s'est rendu en urgence à Pékin pour rencontrer son homologue chinois Wang Yi.

Le Pakistan, qui a fermement condamné l'initiative de New Delhi au Cachemire, a expulsé l'ambassadeur indien et suspendu les échanges commerciaux bilatéraux. M. Qureshi a cependant exclu que son pays cherche un nouveau conflit armé avec l'Inde.

La Chine, qui contrôle aussi un secteur du Cachemire, a protesté cette semaine après que l'Inde a réaffirmé revendiquer la zone en question, située sur un plateau himalayen. Le ministre indien des Affaires étrangères, Subrahmanyam Jaishankar, doit se rendre à Pékin dimanche, également pour des conversations avec M. Wang.

Trois guerres

Les autorités indiennes risquent d'être confrontées à d'autres manifestations lundi alors que commence la grande fête musulmane de l'Aïd al-Adha (fête du sacrifice).

L'Inde et le Pakistan, qui se sont partagé le territoire du Cachemire après leur indépendance, se sont livrés depuis trois guerres, dont deux à propos de cet ancien Etat princier.

ATS/NXP, in La Tribune de Genève, le 9 août 2019