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Toujours de blanc vêtu, un signe hindou au front, P. Rajagopal avait fondé au début des années 1980 au Tamil Nadu la célèbre chaîne de restaurants végétariens.

 

 

 

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P. Rajagopal était vu comme un pionnier du secteur de la restauration dans le pays.
© ARUN SANKAR / AFP

 

 

 

Son visage était sur tous les menus des restaurants Saravana Bhavan en Inde. Le fondateur de la célèbre chaîne indienne est mort jeudi à l'hôpital, quelques jours seulement après avoir commencé une peine de prison à perpétuité pour meurtre, a annoncé une source médicale.

 

P. Rajagopal, 71 ans, a succombé jeudi matin dans un hôpital privé de Chennai (Tamil Nadu, sud), neuf jours seulement après s'être présenté en ambulance à la justice pour être écroué et commencer à purger sa peine. La Cour suprême d'Inde avait définitivement confirmé en mars sa condamnation à perpétuité pour avoir fait assassiner en 2001 le mari d'une femme qu'il voulait prendre comme troisième épouse. « Il a été amené à l'hôpital il y a deux jours pour un problème cardio-respiratoire », a déclaré un responsable de l'hôpital Vijaya de Chennai. « Nous n'avons pas pu le réanimer et il est mort ce matin », a-t-il ajouté.

 

« Roi du dosa »

 

Toujours de blanc vêtu, un signe hindou au front, P. Rajagopal avait fondé au début des années 1980 au Tamil Nadu la chaîne de restaurants végétariens Saravana Bhavan, fameuse notamment pour ses dosas, ces grandes crêpes croustillantes typiques de la cuisine d'Inde du Sud.

 

Il était vu comme un pionnier du secteur de la restauration dans le pays. Sa société compte aujourd'hui plus de 80 enseignes à l'international, dont une à côté de la gare du Nord à Paris. À l'aube des années 2000, cet ex-épicier d'origine modeste s'était mis en tête, possiblement sur les conseils d'un astrologue, de prendre comme troisième épouse de fait la fille d'un de ses employés.

 

Le succès puis la chute

 

Mais la jeune femme, déjà mariée, avait repoussé ses avances et ses promesses de la couvrir d'or. Menaces, passages à tabac, séquestrations, rites d'exorcisme : pendant des mois, Rajagopal avait harcelé l'époux, la femme et sa famille pour qu'elle quitte son compagnon.

 

Le corps du mari sera finalement retrouvé dans la nature, étranglé par un homme de main. « Rajagopal est un exemple de comment vous pouvez grimper les échelons de la société en travaillant dur et en sortant des sentiers battus », expliquait récemment G. C. Shekhar, journaliste pour le magazine Outlook à Chennai, capitale du Tamil Nadu. « Ce qui l'a mené à sa chute est son faible pour les femmes et sa conviction qu'il était si puissant qu'il pouvait faire assassiner quelqu'un et s'en tirer. »

 

AFP, in Le Point.fr lme 18 juillet 2019