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https://www.courrierinternational.com/sites/ci_master/files/styles/image_original_1280/public/assets/images/rts2jr4r.jpg?itok=9aL0-nZtUn rassemblement après l’assasinat de Tabrez Ansari, à Ahmedabad, le 26 juin 2019. 
 PHOTO / REUTERS / Amit Dave

 

 

 

Le deuxième mandat du Premier ministre nationaliste hindou a débuté sous le signe de nouvelles attaques gratuites contre les musulmans.

 

Le premier quinquennat du nationaliste hindou Narendra Modi avait été marqué par la mise à mort violente de Mohammed Akhlaq, un musulman de Bisara, dans l’Uttar Pradesh, que les fanatiques hindous accusaient de cacher “de la viande dans son réfrigérateur” supposément bovine, rappelle la journaliste Pamela Philipose dans l’Indian Express. Ce fut “un marqueur dans la montée des crimes antimusulmans” dans le pays, selon elle.

 

Et le deuxième mandat de Narendra Modi débute sous des auspices encore plus préoccupants. “Vingt-quatre heures à peine après la prestation de serment du nouveau gouvernement”, fin mai, un musulman du nom de Tabrez Ansari a été sauvagement assassiné à Saraikela, dans le Jharkhand, donnant “une nouvelle dimension aux crimes haineux”. Car dans cette récente affaire, la vache sacrée n’est pas entrée en ligne de compte.

 

La victime a été tuée en raison de son identité musulmane, après avoir refusé de crier “Vive le seigneur Rama”, que ses assassins tentaient de lui faire dire, en l’honneur de la divinité emblématique du panthéon hindou, vénérée par les fondamentalistes. “Insensibles à la frayeur” de Tabrez Ansari, ces derniers “ont fait leur la victoire électorale de Modi en poussant leur fantasme de pouvoir jusqu’à forcer un quidam à rallier le slogan principal de l’Hindutva”, le mouvement idéologique extrémiste qui prétend que la nationalité indienne et la religion hindoue ne font qu’une.

 

Preuve que les cibles sont choisies au hasard, d’autres attaques ont récemment été perpétrées contre un groupe de musulmans dans l’Assam, un adolescent portant une calotte dans l’Uttar Pradesh, un chauffeur de taxi dans le Maharashtra, un imam à bord d’un train dans le Bihar, des jeunes gens dans la banlieue de Delhi… À chaque fois, la religion de l’assaillant (l’hindouisme) et celle de l’assailli (l’islam) étaient les mêmes, et à chaque fois, il était question de faire prononcer à la victime la fameuse phrase : “Vive le seigneur Rama”, souligne Pamela Philipose.

 

“Ce qui était impensable hier devient aujourd’hui ordinaire”, comme en témoigne “la vénération que Pragya Thakur voue à Godse”, l’extrémiste hindou qui a tiré sur le Mahatma Gandhi en 1948. Poursuivie en justice pour sa participation présumée à un attentat antimusulman en 2008, Pragya Thakur, une militante de l’hindouisme le plus radical, a reçu l’investiture du parti de Modi, le BJP, aux dernières législatives et elle a été élue député dans la circonscription de Bhopal.

 

Pamela Philipose est aussi inquiète que Thomas Blom Hansen, professeur d’anthropologie à Stanford. Celui-ci estime que “la force sociopolitique actuellement la plus puissante en Inde n’émane ni de l’État ni du droit”, les violences communautaires actuelles “résultant de la loi du plus fort”.

 

Courrier International, le 11 juillet 2019

 

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Source : The Indian Express (Bombay) indianexpress.com