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Ce jeudi débutent les élections législaitves indiennes qui vont durer six semaines ; en soutenant clairement Narendra Modi, le Premier ministre pakistanais Imran Khan va-t-il défavoriser son improbable allié ?

 

 

 

Une électrice indienne montre son doigt encré après avoir voté Une électrice indienne montre son doigt encré après avoir voté • Crédits : Nasir Kachroo - AFP

 

 

 

La plus grande élection au monde a débuté il y a quelques heures en Inde, et elle va durer six semaines. 

 

L'Inde où 900 millions d'électeurs sont convoqués aux urnes... pour renouveller la Lok Sabha, la Chambare du peuple comme on désigne  le Parlement Indien. 

 

C'est un incommensurable marathon électoral en 7 phases qui a débuté ce matin, et pour s'y retrouver on a bien besoin du guide, quasi-touristique, que publie India Today.  

 

Le scrutin va donc durer 6 semaines, les résultats ne seront pas connus avant le 23 mai, et l'affiche politique, c'est le premier ministre sortant Narendra Modi et son parti nationaliste hindou, le BJP, face à Rahul Ghandi qui mène l'opposition avec le Congrès National Indien, de sensiblité plus libérale. Au terme d'une campagne "particulièrement agressive", d'après la BBC, les deux formations ont publié ces derniers jours leurs professions de foi. Cette journaliste d'India Today s'est chargée de comparer les programmes : 

 

Elle nous explique que "les deux partis s'attaquent aux mêmes sujets de fonds, mais avec une idéologie et une méthodologie différente : le BJP axe surtout son programme sur la sécurité nationale, le Congrès se concentre sur les questions économiques et la stabilité financière de l'Inde."

 

Tout celà est bien sûr beaucoup plus complexe, à tel point qu'en parcourant la presse indienne, ce matin, il y a de quoi se noyer dans la diversité et la complexité des enjeux électoraux, territoriaux à l'échelle du géant indien. 

 

Mais il y a tout de même une thématique qui revient dans chaque journal : c'est l'ingérence dans le débat du Premeir ministre pakistanais.  Imran Khan, l'ancien champion de cricket, dont India Today nous dit qu'il a "frappé un coup de batte inattendu", hier, en faveur de Narendra Modi : il a déclaré que selon lui "le processus de  paix avec l'Inde aurait plus de chance de réussir si c'était le BJP de Modi qui remportait les élections".  

 

Forcément, ça semble improbable (et le Deccan Herald nous le confirme) tant les deux hommes se sont opposés ces derniers mois dans le très inquiétant regain de tensions frontalière au Kashmir, cette région  que les deux pays ne cessent de se disputer.  A la fin du mois de mars dans une interview au Financial Times, Irman Khan accusait Narendra Modi de mener une "politique de plus en plus agressive", de prendre une virage clairement nationaliste et anti-pakistanais. 

 

Mais hier, pourtant, il a quasiment appelé les Indiens à voter Modi... et en fait, ça amuse la presse indienne. Car au final ça semble surtout fragiliser le leader du BJP dans son électorat.  Ca ouvre un boulevard à l'opposition qui crie à la trahison nationale, accuse Modi d'être à la solde du Pakistan, et surtout d'être hypocrite, affichant sa fermeté face à Islamabad tout en conservant des relations amicales en coulisses avec Imran Khan. 

 

Mais plutôt qu'un double discours, le quotidien de centre gauche  The Hindu préfère voir dans la position du Pakistanais une réminiscence de son glorieux passé sportif : quand Imran Khan dominait le monde du cricket, il était connu pour son inoxydable confiance en soi. Le genre à donner le meilleur de lui-même face à un adversaire en théorie beaucoup plus fort. The Hindu note d'ailleurs que ça ne lui a jamais tant réussi que lors des matchs, fratricides et légendaires, entre le l'Inde et le Pakistan.

 

France Culture.fr le 11 avril 2019.