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Des femmes intouchables (image d'illustration). En Inde, le système de quota a été créé après l’indépendance pour corriger les discriminations dont souffrent les castes les plus basses de la société.
AFP PHOTO/ Sajjad HUSSAIN

 

Le Parlement indien a adopté une loi qui autorise la création de quotas pour des personnes de hautes castes à faibles revenus. C’est une petite révolution, car le système des quotas a été créé dans le pays pour favoriser les intouchables et basses castes, victimes de discriminations depuis des siècles. A cinq mois des élections législatives, le gouvernement nationaliste hindou essaie, par cette mesure, de s’attirer les faveurs des électeurs de haute caste.

 

Le système de quota a été créé après l’indépendance pour corriger les discriminations dont souffrent les intouchables et les basses castes. Aujourd’hui, près de la moitié des sièges dans les universités publiques et les administrations leur sont donc réservés.

 

Sentiment de déclassement

 

Mais, depuis quelques années, plusieurs groupes de castes supérieures et rurales réclament de tels avantages. Eux ne souffrent pas de ces discriminations sociales, mais sont progressivement rattrapés, économiquement, par les castes traditionnellement inférieures. Ce qui crée chez eux un sentiment de déclassement.

 

Cette loi, présentée par surprise lundi et adoptée en deux jours par le Parlement, offre donc 10% des postes dans les universités publiques et l’administration à ces  Brahmanes, Jats ou Patels qui gagnent moins de 9 900 euros par an et par foyer. Un revenu considérable en inde.

 

Une mesure annulée à terme par la Cour suprême ?

 

Cette mesure pourrait à terme être annulée par la Cour suprême, sous prétexte qu’elle dévoie l’objectif initial de ces quotas. Mais cela mettra du temps, et dans tous les cas, le parti nationaliste hindou du BJP, au pouvoir, pourra se présenter aux élections législatives de mai prochain comme le grand défenseur de cette classe aisée et hindou en mal de déclassement.

 

Sébastien Farcis, RFI.fr le 10 janvier 2019