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 Le président Donald Trump lors de la signature du "Save Our Seas Act of 2018", le 11 octobre 2018.

Le président Donald Trump lors de la signature du "Save Our Seas Act of 2018", le 11 octobre 2018.
REUTERS/Kevin Lamarque

 

 

 

Le président américain a écrit une lettre au Premier ministre pakistanais Imran Khan afin de lui demander son soutien.

 

Dix-sept ans que le conflit dure en Afghanistan. Face cette situation, Donald Trump a sollicité dans une lettre au Premier ministre pakistanais Imran Khan l'aide d'Islamabad, a annoncé ce lundi le ministère pakistanais des Affaires étrangères. Le président américain, qui a eu par le passé des propos hostiles envers le Pakistan, a assuré que "son objectif régional le plus important était de parvenir à un règlement négocié de la guerre en Afghanistan" et a demandé à cette fin "le soutien" du pays. 

 

Un pays "facilitateur"?

 

"La décision américaine est la bienvenue", a commenté Islamabad, qui "réitère son engagement à jouer un rôle de facilitateur de bonne foi". 

 

D'après les autorités pakistanaises, Donald Trump a "reconnu" dans sa lettre le coût de la guerre contre le terrorisme, tant pour les Etats-Unis que pour le Pakistan, et a appelé à travailler à "renouveler le partenariat" américano-pakistanais. 

 

Des relations tendues

 

Ce changement de ton de Donald Trump intervient alors que Washington redouble d'efforts pour mettre un terme à un conflit remontant à 2001, quand une coalition internationale menée par les Etats-Unis avait chassé les talibans du pouvoir. Mi-novembre, le président américain avait notamment déclaré avoir annulé des centaines de millions de dollars d'aide au Pakistan parce qu'il "ne fait rien, rien du tout, pour nous". 

 

Washington reproche par ailleurs de longue date à ce pays de donner refuge sur son territoire à des groupes armés qui attaquent ensuite les troupes afghanes et américaines de l'autre côté de la frontière afghano-pakistanaise, ce qu'Islamabad a toujours nié. Début janvier, Donald Trump avait déjà accusé de "mensonges" et de "duplicité" le Pakistan, qui a rejoint les Etats-Unis en 2001 dans leur guerre contre le terrorisme. "Il abrite les terroristes que nous chassons en Afghanistan", avait-il tweeté. 

 

Des tentatives de paix

 

Alors que les insurgés ont intensifié en 2018 leurs attaques contre les forces de sécurité afghanes, l'envoyé américain pour la paix en Afghanistan, Zalmay Khalilzad, a rencontré une délégation talibane à Doha en octobre et novembre. Il a entamé dimanche un périple de 19 jours qui le mènera dans huit pays, dont l'Afghanistan, le Pakistan, le Qatar ou encore la Russie, afin de parvenir à un "processus de paix inclusif" en Afghanistan, a annoncé le département d'Etat dans un communiqué. 

 

Le président afghan Ashraf Ghani a de son côté récemment annoncé la constitution d'une "équipe de négociation" de 12 personnes et indiqué qu'une "feuille de route pour les négociations de paix" avait été établie. Mais les talibans ont rejeté ces propositions, assurant une nouvelle fois vouloir négocier "avec les envahisseurs américains" et non avec l'exécutif de Kaboul, qualifié d'entité "impuissante imposée de l'étranger". 

 

AFP, in L‘Express.fr le 3 décembre 2018.