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  Des agriculteurs manifestent à Bombay, en Inde, le 21 novembre 2018. 
 PHOTO FRANCIS MASCARENHAS/REUTERS

 

 

Des défilés monstres sont attendus les 29 et 30 novembre dans la capitale de l’Inde. Objectif : redire au gouvernement que les campagnes indiennes, frappées par le changement climatique, ne vivent plus qu’au rythme des suicides pour surendettement.

 

Ils étaient 30000 à avoir marché sur Bombay en mars dernier, ils sont “plus de 200000” à vouloir envahir les rues de Delhi, jeudi 29 et vendredi 30 novembre. Ainsi que le rapporte The Wire, la capitale de l’Inde est le théâtre de revendications paysannes qui se font chaque mois plus bruyantes, tant la crise que traverse l’agriculture s’avère de plus en plus sévère. “Les défilés sont organisés par le All India Kisan Sangharsh Coordination Committee, une coalition rassemblant plus de deux cents organisations professionnelles”, précise le site d’information.

 

“Outre l’augmentation des prix minimaux garantis par l’État et l’effacement inconditionnel des dettes bancaires, les agriculteurs exigent aussi la convocation d’une session spéciale au Parlement” afin que les élus de la nation s’emparent de leurs problèmes et légifèrent en conséquence. C’est en réalité “la troisième fois en trois mois” que les paysans manifestent à Delhi, dans le but d’alerter le gouvernement Modi.

 

Il faut dire que la profession, engluée dans le surendettement, enregistre “plus de 15000 suicides par an, soit 1200 par mois ou 42 par jour”. À l’approche des élections générales, prévues pour le printemps 2019, les partis d’opposition, dont les inimitiés réciproques sont légendaires, sont tous en train de se serrer les coudes pour soutenir la cause paysanne. Cela pourrait fort bien devenir un sujet de campagne électorale, d’autant que, souligne The Wire, le pays traverse un long épisode de sécheresse dans certaines régions.

 

“Le réchauffement climatique nourrit la crise”, affirme-t-il, les campagnes observant “depuis sept ou huit ans” des hivers de moins en moins froids, notamment la nuit, ce qui conduit parfois “à l’absence totale de rosée” au petit matin. Une situation dramatique dans les zones déjà arides telles que le Gujarat. Au pied de l’Himalaya, la température moyenne “a augmenté de 1,24 degré entre 1951 et 2014”, soit “deux fois plus” que partout ailleurs dans le sous-continent. Ces phénomènes ont pour résultat “une baisse drastique du rendement des cultures”, observe The Wire.

 

Kabir Agarwal, The Wire, le 29 novembre 2018,        
traduction Courrier international.com le 29 novembre 2018

 

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Source : The Wire New Delhi  thewire.in/

 

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