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Un partisan du Parti du Congrès lors d’une manifestation contre le contrat d’achat des Rafales, à Delhi, le 5 mars 2018. PHOTO Sajjad HUSSAIN / AFP

 

 

 

La Cour suprême de l’Inde se voit réclamer des éclaircissements sur le rôle du gouvernement Modi dans l’achat d’avions de combat à l’avionneur français Dassault. Parallèlement, la Cour des comptes de Delhi vient d’être chargée de rédiger un rapport pour le compte du Parlement.

 

Le dossier des Rafale fait chaque jour plus de remous en Inde. Le Parti du Congrès, principale formation d’opposition, accuse le gouvernement Modi de corruption et a saisi, mercredi 19 septembre, le Comptroller and Auditor General of India (CAG), homologue de la Cour des comptes, relate The Hindustan Times.

 

Selon le parti dirigé par la famille Gandhi, le contrat des 36 avions de combat commandés au français Dassault Aviation en 2016 a été entaché “d’irrégularités” et seuls les magistrats financiers, qui vont devoir maintenant présenter un rapport devant le Parlement, pourront faire éclater “la vérité”.

 

Le Parti du Congrès souhaite notamment comprendre pourquoi le groupe public Hindustan Aeronautics Limited, qui devait initialement s’allier à Dassault, a finalement été “écarté au bénéfice d’une entreprise privée”, en l’occurrence Reliance Defence, une société constituée pour l’occasion par le milliardaire Anil Ambani, réputé proche du Premier ministre, Narendra Modi.

 

Le Parlement n’a pas eu son mot à dire

 

Mardi 18 septembre, c’est la Cour suprême qui s’est exprimée sur le sujet, rapporte le site d’information Scroll.in. La plus haute juridiction du pays a été saisie pour déterminer “le rôle joué par M. Modi, mais également par son ministre de la Défense de l’époque, Manohar Parrikar”, le Parlement n’ayant pas eu son mot à dire au moment de la signature de ce contrat de 580 milliards de roupies (6,9 milliards d’euros), comme il aurait dû l’être. Dans l’attente d’un complément d’information, les juges de la Cour suprême ont fixé la prochaine audience sur les Rafale au 10 octobre.

 

Dernier rebondissement, révélé par The Times of India : le frère aîné d’Anil Ambani, Mukesh, aurait lui aussi été approché par le passé pour être le partenaire local de Dassault. Son conglomérat, Reliance Industries, aurait fait l’objet de “discussions” avec l’avionneur français au début des années 2010, pour bénéficier des “1000 milliards de roupies” (11,8 milliards d’euros) que Dassault aurait été amené à investir en Inde, en contrepartie de la vente de 126 Rafale à l’armée indienne initialement envisagée. Or à l’époque, rappelle le journal, l’Inde n’était pas dirigée par le BJP de Narendra Modi mais par le Parti du Congrès!

 

Guillaume Delacroix, Courrier International.com, le 19 septembre 2018.