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Contrôlé par la Chine depuis 2013, le port de Gwadar est un lieu stratégique pour le développement du corridor économique chinois. - Anjum Naveed/AP/SIPA

 

 

 

 

 

En refusant d'appuyer le plan de sauvetage du FMI au Pakistan, Washington lève le voile sur les intentions chinoises.

 

 

 

En matière de financement du développement, la différence d'approche entre la Chine et les pays occidentaux est en train de se matérialiser avec le Pakistan, écrit le quotidien anglais le « Financial Times ». Tout en bénéficiant du nouveau corridor économique que lui construit la Chine, le Pakistan reste dans une situation économique instable avec des exportations en baisse et des importations qui explosent, aidées par la hausse des prix du pétrole. C'est un coup dur pour le futur Premier ministre, Imran Khan, récemment élu. Il envisage désormais un accord avec le FMI comme filet de sécurité.

 

Réticence américaine

 

Un plan de sauvetage que les Etats-Unis - principal actionnaire du FMI - désapprouvent, rejetant la faute sur l'irresponsabilité chinoise, qui serait à l'origine de la crise. Sous le label des nouvelles routes de la soie de Xi Jinping, les Chinois ont en effet investi des dizaines de milliards de dollars dans des « financements de projets opaques », estime le quotidien. Le secrétaire d'Etat américain, Mike Pompeo, a donc fait savoir sa réticence à tout plan du FMI visant à rembourser les investisseurs chinois dans les projets pakistanais.

 

Et il n'est pas le seul à critiquer les agissements chinois. Christine Lagarde, la directrice générale du FMI, a depuis longtemps tiré la sonnette d'alarme, car ce manque de transparence est un problème pour le FMI qui ne peut évaluer la viabilité de la dette du Pakistan envers la Chine.

 

Pourtant le quotidien estime que les Etats-Unis ont tort de se mettre en travers d'un tel plan de sauvetage. Ils risquent de détériorer davantage leurs relations avec Islamabad et de favoriser un rapprochement sino-pakistanais.

 

Madeleine Rouot, Les Echos.fr le 2 août 2018.