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Les scandales de viols et de harcèlement sexuel ont donné lieu à de nombreuses manifestations populaires en Inde

Les scandales de viols et de harcèlement sexuel ont donné lieu à de nombreuses manifestations populaires en Inde | AFP

 

La police indienne est accusée d’avoir couvert un homme politique indien qui aurait violé une jeune fille de 16 ans dans le district d’Unnao en Uttar Pradesh. Le père de la jeune fille est mort en détention policière après qu’il a indiqué vouloir pousser les poursuites à l’encontre du violeur présumé. Les autorités fédérales indiennes se sont saisies du dossier.

 

La police fédérale indienne était saisie ce jeudi d’une enquête pour viol visant un puissant législateur du parti du Premier ministre Narendra Modi, une affaire qui jette une lumière crue sur la culture d’impunité des élites dans le pays. Kuldeep Singh Sengar et ses frères sont accusés d’avoir violé en juin dernier une jeune fille de 16 ans dans le district d’Unnao en Uttar Pradesh, grand État pauvre et notoirement corrompu du nord de l’Inde, où il est élu de l’assemblée législative sous la bannière des nationalistes hindous du Bharatiya Janata Party (BJP).

 

L’affaire connaît un grand retentissement depuis la mort en détention policière, la semaine dernière, du père de la jeune fille. Cette dernière a tenté de s’immoler devant la résidence du ministre en chef de l’État pour protester contre la police, qu’elle accuse d’avoir torturé son géniteur car il souhaitait continuer les poursuites. La police locale n’a pris aucune action envers les suspects jusqu’à ce que mercredi soir, face à la pression médiatique et politique, les autorités décident de transférer le dossier au Central Bureau of Investigation (CBI, équivalent indien du FBI), la police fédérale.

 

Appels à une enquête «immédiate, indépendante et impartiale»

 

«Une enquête a été ouverte contre [le législateur] et maintenant le CBI décidera de la marche à suivre», a déclaré Om Prakash Singh, le chef de la police d’Uttar Pradesh, en conférence de presse. Kuldeep Singh Sengar, 51 ans, quatre fois élu à l’assemblée législative d’Uttar Pradesh, dément les accusations. «Je suis un travailleur discipliné du BJP. Je suis innocent. On me compromet», a-t-il déclaré à la presse à Lucknow, la capitale de l’État.

 

L’organisation de défense des droits de l’Homme Amnesty International a brocardé la réaction de la police dans cette affaire, appelant à une enquête «immédiate, indépendante et impartiale». Le fléau des agressions sexuelles en Inde est particulièrement scruté depuis un viol en réunion qui avait entraîné la mort d’une étudiante dans la capitale New Delhi en 2012. Ce fait divers d’une violence terrifiante avait choqué la planète.

 

La législation indienne contre les crimes sexuels a depuis été durcie mais le nombre d’affaires reste élevé. Environ 40000 cas de viols sont signalés chaque année en Inde, selon les statistiques officielles. Les observateurs estiment que ce chiffre n’est que la partie émergée de l’iceberg en raison de la forte culture du silence qui prévaut sur ce sujet dans la société indienne.

 

AFP, in Ouest France.fr le 12 avril 2018.